- 02 - LI'$ lhu1111'11clu1·cs 1rnlionules On 0\'ait bien pensé à enrichir le pavillon de Paris d'une rétrospective de la ,•ille. L'idfo Hnil charmante, el l'homme chargé d'en mener à bie11 la réalisation était loul indiqué: c'lllùit ~I. Georges Cain. le Lrès artiste cl Lrès érutlil conservnlour de Cnrmwalet, 11 qui cl'ailleurs le Commissaire générul o,·nil déjà ,·ésolu de confier l'orgauisnLion d'une aulre Rétrospcclivo (le rlou du Grand-Palais !) dont nous parlerons plus loin. Cependant M. Der1•illé rêvait pour Paris plus de gloire encore. et s'adressant nux commissaires de l'Hôtcl de Ville : - Consentirie-1...voul\ à recevoir cltéz vous nos .Msnufoclurcs nationales? Il ou,•rir votre p,willon à quelque< cbefs-d'u•uvrc (les Gobelins? Vous plnirnil-il de faire de deux ou trois de vos salons les écrins où Sèvres déposcn1it ses plus beaux souvenirs et quelquesuns de ses bijoux nouveaux les plu• rares? L:i proposition rut Mcueillie comme elle devnit l'ètre, avec enlhousiusme. En ,·e qui concerne les G<1hellns, elle présentait même un intér~t spécial : lu M:rnufnclure des Gobelins n'avait pas cx1>os•' dc1>11is 1000. Pour k1 première fois depuis onze nns, clic all:iil redonner. d:tns une exposition, le spectnclc de ses œu,•rcs, de rel nrl merveilleux dont aucune rivnlilé étrangère n':1 menncé encore 1:, suprématie. 11 ne restait qu'ù oblcnir l'ndhésion du Gouvernement ~ cc projet : elle fut donnée ~JU" hésil:1tion et nvC(• joie. Une exposition <l'nrt allait s'ouvrir à Rome, et nous y élion, hrillanirn,·nt rcprl - senlés: mnis il ét:1it agr&,blc 1t ~l. Dujnrdin-Beaumet;,, que, dans une ex-position •• des industries et du travail "• nos lnpisserics des ùobelills, nos cslr:uniques de Sèvres vlMsent reJlrésenler précisément une des rormcs les plu, nobles du tramil humain : l'ulliancc de l'nrt et de l'industrie. Quant nu pavillon lui-111<1ue. il av,lit été décidé qu'il sen•irnil. lui aussi.:\ re1>réscntcr chez nos ami• itnlicn~ un peu de nolre grancl 1>assé d'art. On demancl:tit à ~!. Roger Oou,ard non d'inventer de l'nrchilecture ncu,·c (il ellt ollé capable d'y réussir el\:cellcnullcnl), mais d'emprunter à l'un de nos palais nationaux les éléments d'une restitution qui signifü\t, en sa beauté. et symbolisàt quelque chose. l'nc aile du ch:llc3u de Versailles ful le modèle <ru'on choisit. On i,riemit :Il. V:tcbcrot, le plus savant el le plus ingénieux des jardiniers. d'encadrer cette ,•ieillc maison frnn~.:iisc d'un jardin frnnçlli,: cl puisque en face de cet emplacement s'en offrait symétriquen1eot un aulré, 0\1 nous avions 1~ pcrmis~ion de nous insl!IUcr o.ussi, ne pourr:lil-on continuer l'(•vo1·ntion et dresser sous le dt!I italien, .-omnw • pendant • à ,·e ntorcenu de ch:\lenu. la Nymphé~ lie \'ersa.iUes ? Cc qui fut fnit. Sèvres l une ,. vieille ., mn.nufaclure qu'n <léjà rajeunie el renouvelée la collaboration de qll<tl<111es arlbtes admiral>IC~ et d'un admini~h·,Hcur en qui se rencontrent la science, le go,11 el l'esprit de méthode. Cel ndmiuislraleur est !'~minent historien Emile Bourgeois, tJUC le lrnsard d'une recherche historique avait amené par h::tSard. il y n cinq ans, il ln ~lnnuructure. el qui sui y diriger ~es ""cherches nvec tnnt d'intelligenrc et l:mt d'originalité tiu'ou bout de très peu de temps on lui demandait de vouloir bien rc,1dre à celte Mnnufuctnrc. le service cle l'udministrcr. L'un des premiers soucis de ~I. !,mile nourgcois a étè de ramener Sèvres à l'une de, traditions qui nv:ifont fail ln gloire de celle maison, c'est-à-dire à fa fabricntion de ces modNcs exquis du xvt11• siècle, dont In collection l:mguissuil, oubliée. dédaignée sous la poussière, linos les greniers de ln ~Innufa('!urc. IJuit rents modèles de biscuit du dix-huilièmc I Simplement. Yoih) cc qu'on <lédaignait chez nous. La remise en fabrication de ces délicats cbcrs-d'œuvrc est mniotcnanl commenrée: et dès leur entrée au premier salon du 1m,'1llon, les sou,·crnins italiens ,·nrrètaient, rl\\'iS, dc\':,nt quclquesuu.s de ceux tJUC Sèvres CXJlOsnit 1t Turin : des groupes exquis, tels •1ue lu 1'rois conlenls, le f)tjeu11er, /11 Nourrice; de spirîluelles flgu• rines, qui rurenl à leur naissn11ce populaire.,: In Batteuse de /1eurre. le P~lit faucheur, le 811/clicr c/e Sa/11/-Cloud. ~lais. le tra\'nil de re.sluurulion entrepris il Sèvres p:tr M. Emile Bourgeois ne consista point qu'à tirer des œuvres exislu11lc• de l'oubli ; il consista aussi à redonner la vie ù des n'm•res q11i 11'exi.,tuie11l plus ; il clér.ounir ~c,,res dans Sèvres m~mc I De ces tcuvrcs - très importnnles - un seul exemplaire nv:lit été cxC•cuté et l'on n'en trouvai! tr:ice que duns les archives de ln manuracture. C'était quelque chose... et puis• rp1e les archi\'CS dênonçaicnt l'ou\'ragc, on en devait dëcouvrir les 11\0UICS quelque p:lrl. On chercha. On cxplorn le• greniers, et l'on llnil p:ir trouver ! El c'est ainsi quo Sèvres put ofü·ir 1t l'admiratioo
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