de ses visiteurs roy::1ux trois pur,, chefs-,J'r,>uvre, reconslilués sur .lenrs moules d'origine : le rn,•issnnt .1/iroîr qui fnisnit partie de la gnrnilure de toilelle en porcelninc, offerte en 1784 par Louis X\'I b lu grnnde Catherine; le grou11e commémoralir de l'invention des hnJlons. dont on croit que lloutlon exécuta hl mm1uclle ; el le délicieux surtout Po;s:,onn;er rompO$é p,u Boizot. ~lais cela, comme on l'a justement dit, c'est l'hommage nu 1>nssé. li fallail le rendre, el le voilà mcrveilleusemcnl rendu. Restent le prcscnl... el l'avenir. • Le~ uncien~ soul les :mciens, dil le bonhomme Gorgibus, cl nous som,nes les geus de mnintenanl. • Cc pe,urrull !lire lo de,•isc - une des de,tjses tout au moins - ,Je ln ~lanu!acluro de Sè\'l'eS. $on cat,1logue de Turin comprend deux cenl trenlc~deux numéro~. Pr(•s de deux '-'~nb (so~•on~ préris : ,·cnt qualre-vfogl-quatrc oxactcmcnl) sont consacré, à l'Rrl 11101lerne, expriment el rc1>résentcnl l'effort oclue/ de nos srlislcs el la qualité de h·ur production. Ces nrlistes sonl pincés sous le contrôle d'un comilê tcchnit1uc et arlisl1que de crc\11lion 1·éccnle, h qui incombe hl direction générulc des lrn\'aux exécutés duus les ateliers. F:t l'on co111prcndrn cc que vnut une telle dircclion, c1unod <>Il se sern rnpp~lé qu'en cc comité figurent el collaborent des artistes qui se nomn1cn1 l)nmmouse. Lalique, Lare.be el Quuosl. Ces maitres, dès le moment où ils (u1·e11l réunis, s'étaient mis d'necord avec M. Dujardin-Bcnumclz, alors sous-secrélnirc d'Elnt de< lenux-Arls, et M. Emile Bourgeob, sur ln t:lche i, entreprendre: il !nll:1il rajeunir Sè,·rcs; il follail anime,· d'un esprit nouveau ,·elle inslilulion \'énérnble, mois somnolenle, el trop ullnchée à des lm· <litions donl Ioules ne sont pns honne,. Or c'est à l'Exposilion d~ Turin 11u'nllnil êlre pour la prcmiè1·e fois soumise au jugement du puhlk l'o,u\"re cles nouvenuit mnllres de Sè\'res. El aux noms de ces mnilres, il n'est que jusle d'en ajouter un : celui d'Alexnndre Snn• clier, l'éminenl chef des éludes d'al"I, donl l'iitllucncc p:•Uente el tenRCc 11 1111issnmmenl eonlrihué - tous le• artistes en conviennent - à ce rnjeunissemenl d'e>J>ril cl de fi911re donl noire ,'ieille )fanufnelure eut, à Turin, le 1" mai L!ll l, la flertê de donner le ,pecl:1clc ~ ses ,,isileurs roynux. Spectacle étonnant p,11· sn \'nriélé mè.Jna, en dehors cle l'inlér~l cl'nrl qui s'y nllnchnil. \'oici les va,es gcl:inls où s'épnnouil ln déco• ration Jlorale l:i plus s:woureusc, cl ceux que rehaussent cxquisemenl, en grisaille et camaïeu. de délicate• allégodes; d'nulres, de dimensions 1>lus menues, autour desquels le corl~gc royal s'nllarde -·'.15uvec non moius de euriosilê ; vases aux Ions doux, gris ou vcrls (ot', sonl les bleus de Sèvres de jadis '/), sur lesquels se rép:llldent, comme des c.ristallisalions de paillettes el d'6toiles, d'êtranges formes géoméldques. des éhfiuches de clécoralion Oornle n~cs des caprices mêmes du feu l D'autres surprises encore : les vases en nouvelle p:ile lend,·e k:,o, !inique - une des dernières créations de la ~fanufncture. U Y n duquonlc nns que les chimisl~s de Sèvru, le cherchaient, le secret cle celte pûte tendre qui lit ou xv111• siècle la répulrttion de ln porcelaine française. Le \'Oilà relrouvé; et les essais présentés à Turin lirent la joie des connaisseurs: ne nous promet-on pns que de cette nou..-elle matière plus ricl1e, 1>lus sou1>le que la l"'te dure, et sur laquelle pourrn s'exercer nvce plus d'nisnnce lu fontaisie <;lu décora• leur, Ioules sortes de chcfs-d'œuvre nouveaux l'ont naître '/ El pour faire snile ù 111 reconslilulion des biscuits :inciens qui iu.-ent un des succès cle l'exposition de Sèvr~s à Turin. voici les jolies :1ssicllcs d'aulrcfois. l,a Mnuufnclurc conserve dans se,s arcbi• vés la plu1>arl des détors d'nssieltcs composés depuis la création de l:1 mulson jusqu'en I i90. ~I. Emile Bourgeois a voulu què les plus inlércssants do ces " décors » liguràssent à Turin. On les y a forl admil'és. C1·os succès, enfin, pour les exquis bibelots que la Manufacture ~· exposai! : une lanterne co pùle lranslucide, d'un goûl exquis, une pendule. des bonbonnières, de• carelièrcs, des coffrels, des écritoires... encore un relour à la vieilfo Iradition de Sèvres. :O.ous nous sommes habitués à l'idole qu'il ne devait sortir do Sè\'res ((Ue des ,:ises ! Mais non ! et les artistes du xv111• siècle avaient très bien ;-ompris - ce que les nôtres recommencent à comprendre aujourd'hui - que ta porcelt1ine est une malière propre à embellir cl ornct J'ltàbilnlion. de toutes sorles de manières. Mieux que cela : nous avons vu à Turin qu'elle pouvail èlre ln mnlière de l'hnbilalfon ellemême ! Qui ne se 111 rnppelle. la ,,etite toggin circulnire. éclairée du huut, el <JUi s•offrait nux yeux, com1nc une \liSion d'ineffable harmonie el de blnneheurs I Le boudoir de Lnlique rut le clrnf-dœu\'re de l'E:xposilion de Sè\'res à Turio. Les Gobl'llns El que dire de l'~ulre exposition qui servait, en quelque fa~on, de cadre à celle-ci : celle des Gobelin.s ! Ln M:rnufaclure des Gobelins n'exposait pas moins de ,~ngt-
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