- i2 - l!Orie des francs tireurs... C'est le groupe des e,posanls qui se sont J>résentés seuls, en des locaux édifiés el uJnénagés pour eux et pa, eux, et clonl les constructions s·~parpillenl sur h1 ri\•c gauche, dans les jardins du Valentino : pavillons rus!iqucs, petits palais, reslifu. lions d'architectures anciennes, essais d'architecture... de clen1:,in: il y n de loul ici, el l'on de"lno déjà tJuel rég:,I composera pour tes yeux, dans quelques semaines, le décor de celle petite "ille ftnntllisc éparse dans les ,•erdures. Mais bornons là notre première promenade. Au tcnlre cle celle cité française improvisée se dresse le pavillon de ln Ville de Paris. Un ~!range tumulte y règne I Entrons... Pcndont les (riwaux Ln Ville de Paris est uno grande dame très hospituliè1·e; nous l'nvons c~pliqué plus h:lul: elle n'a pns in.sl:ùlé ici que sa propre exposition; clic a accueilli nuprès d'elle le Minish\re des ncamt-Arls el celui des Finances, cl elle leur u donné dnns sn nrnison les meilt,,ures pln<·cs : Sèvres. les Gobelins, !3cnuvais. l'Adminislralion de,; Monnnios et MédaHJes sonl ici. Le décor c~t e.,<1uis cl la silualion unicrue. Le pavillon de ln \'ille de Puri, s'orige :au bord du fleuve. cntndré de massirs cl de pentes fleuries. à l'entrée du pont monumcutnl. Parmi les •'ehafnudnges <l'alentour et les grands 1>ulais blancs, encore ,~des pour ln plupart, il dresse sa rnvis,ante silhouette ;lrisc sous le ciel bleu. C'esl une i1nnge simple el sobre, une vbion de pure beauté classique : un morceau du chàlcau clc Versnillcs trnnsJ'Orlé parmi les neurs, en plein Piémont. C'est dcmni,i que s'ouwe l'Ex.posilion, cl le Commissaire général n décla,·é: " .Je veux. qu'ici, ~n loul cns, nous soyons prèls. » On le sera. :\fois le benu vncarmc el l'incroyable ~pecl11clc ! Tous les P11risicns ,·e,ws il Turin pour l'inauguralion se ~ont donné rendc7,-"ous nu " PnYillon •· el cet enco111bremcnl, ce lull)ulle de fille semblent e.:cilcr plulôl 11ue gêner ccu~ qui lrnvaillcnl! Parloul des échelles dressées, des plnnchcs tJu'on promène. des meuble, •111·011 pl:\cc, des coli~ qu'on ouvre: cou1>s de marteau, grince1ncnl, de ~des, appels d'ouvriers. colloques liévreux d'nrchiterles el de commissnircs. dépac1uctnge de lrésors. ou milieu des caisses nmonceléc,. A chaque pas qu'on foil. c'esl (Juelque chose qu'on accroche ou quelqu'un tJU'on heurte; on marche dnn~ les pnpie1·s, les copenux cl le$ pots de peinture, cl parmi ce l:ipage, ce pêle-mêle joyeu.~ de ' ' - 18 - choses el de gens, ce sont des surprises, des renconlrcs inallcndues, de gais bonjours qui s'écbnngenl. ~I. Emile Bourgeois, l'érudil n<lminislrnleur de Sèvres. sur,•cille, non snns un peu d'angoisse, l'inst:tll:1tion de ses fragiles ricl1es~c,, nu milieu de tant de bras, de plan- <·hes el d'échelles. M. Gustave Geo!Troy donne le coup d'œil du maHre il la mi~c eo plscc de ses merveilleuses tapisseries. Aidtl de •es collnborotcurs fidèles, )1. Jean Robiquet el le comle A.lln.rl du Chollet. )1. Georges Coin, l'organisateur de la Rélrospcclive, est ici, pn,· surcroit, te dclégué de • Cnrnarnlel ,,. Les reliques de Cornn- \':llel n'élnient-clles pas nu nombre des plus prëcieux LTésors dont Paris pùl 01Tri1· ù Turin Je ,1>ed,acle? m comme le temps presse, \I. le Conservnleur s'esl mis à l'ouvrag_c. lui aussi; en manches do chemise, il pose un tnble:iu, rectifie 1':m1ônngemcnl d'une vilriue et, tout à l'heur~. s'empnrera d'un balai pour achever ll1 toilette du boudoir • dix-huitième .. qu'il nous apporte de la rue de Sévigné. L':ic1it organisateur de l'exposition de la \'ille, le coMeiller Dausse!, ,,a, vient, donne ses instructions dernières, enlourë de collègues de Paris : .MM. Bellnn, Oudin, l.ecorbeillcr. cl'Andigné. ~fossnnl, et des délégués du Conseil générol. ~1)1. Gnlli, ~rolinit', Merlin, Duss:iux, Pointel... Et \'OÎCi d'nulres ligures nnrisionnes: M~I. Frnnçoi, Carnot, Louis !3onnier. le successeur de Bouv:u·d t, l'H<llel de Ville ; \'nehcrol, te mollre jnrclinier qui nous prépare des merveilles et dont les ouvriers ,onl occupés i, cléhuller leurs ga1.ons cl h'urs lieurs; Guilberl. l'ard1îlede de ln chupclle de ln rue Jean-Goujon, qui ,,icnt d'nche,·cr :\ côl~ de Ja Rélrospecll\'e du Pulois fronçais re ,, Salon ,l'honneur , dont tout te monde pnrlc tléji,. Le Comruissc11·ial gènéral ,,1 le Comilé françnis comptent :aussi 1>nrmi t·etlè foule joyeuse cpiolques i·epréscnlants, dont ln p1 .iscnce :tchève de donner une physionomie très parisienne ù cc roin d'exposition lurinnise. E\ ,·oki. reconnu;, uu ha~nrtl ,mtre les échelles drcss~cs cl les cordes INiducs : )01. Prtilon, G.-Roger Sandoz, de Pellerin de Latouche, A. .Masure, Jlnllou, Roherl l)clnunay-8clleville, Luden Lnyus, Emile Cère. b:1ron Thénurd, Vin~nl, J. tic Monlnrnnl, Rogcl' Bou,,ard, H. cle Dou,•res... Lïllu~ion d':1voir relrou"é Pnri~ sous le ciel itolien est rendue plus ch11rm:1nlc Mtore p,1r la présence, au milieu de nc,u~. d'uniformes pnrliculièrc.mcnt chers nux; Parisien~. La ville de Paris n eu l'hc.urcuse idée de conlicr 11 nos pompiers ln garde de ses ,·irhesses. lis rormenl, sous les ordre~ d'un serge_nt, un pelil poste, au seuil du pa,·illon. cl sourient nux Frnnçnis qui passent. El \'0ici d'autres unitormcs encore: le C:ommissnire général a demandé
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