Rapport général de la section française

château est, depuis une cinquantaine d'années, l'Académie militnfre de Turin; mais ce n'était point à l'enseignement des arts de la guerre qu'était prirnitivement destiné ce palais aux pignons ailiers, nux monumentales toitures d'ardoise, dont la cour d'honneur, enc11drée de portiques bns d'un si joli dessin, composait nu ,euU de l'exposition le décor le ()lus prestigieux. qu'on pùl souhaiter, el qui déployait du côté du 0euve, ou-dessus de nos conslructloos po,•oi• sées, la si fière silhouelle de ses murs rouges, - murs de briques rouillées par près de trois siècles de soleil el de pluie. Ce 1.1b,Ueau, bâti ou milieu du sei7.Ïème siècle par 1::, remme d'un président du Parlement de Turin, \'nlenline Salbinno, fut, qlmlre-vingl-dix ans plus tard, la résidence d'une régente du Piémont, Marie-Christine de France, fille d'Henri J\' et de ~forie de ~IMicis, veuve de Victor• Amédée Il. La conslruclfon en n,•nil étc interrompue. La princtsse française ordonna qu·eue fùl 1·eprise, cl ,•int en '16-10 s'y installer nvcc sa cour. Elle avnit nllllché 11 cette œuvrc fr:rnçaise un archilccle et cles orlisles rrnnçnis. et, por un h!lsord singulier, quand le pnrc cle Vnlentioo (qui n'exislnil J>Oinl à çelle épo<111c et ne fut ph111té que vers L83G) dut être ngrnndi cl lrnnsrormé, 1111 lendemain de ln rompngne d'Italie el nu moment oi, le rhillcnu de \'nlentino dtwennit une école, c'est encore li un Fronçais, nu maitre jordinier de lu ville de Pnris, Bnriller-Dec.unps, que fut confiée cette restauration. A !'Exposition de Turin, nos conslruclioos frànçoiscs furent la parure de ce jardin. C'csl à l'ombre de ln maison de ~ln rie-Christine de l'ruuce que s'êlevnil le pavillon de nos colonies, et notre • grand palnis • rut un de ceux qui, sur J'nulre rive du fleuve, luj faisaient fnce. Nous n'n,,ions donc que des misons de nous sentir. à Turin, un peu chei nous. Celte exposition, les événements qu'elle olloit célt'brer, Ir, place mèmc oi, ou l'lnstoltait, c'était pour nous mieux que des spectucfe..q : c'étnit l'évocnllon de quelques épisodes important~ de notre propre hi.~toire... L'idée de l'Association de lo Presse Subalpine ovait d'abord été cle célébrer le rentcnairc de la nnissnncc el de la mort du comte Camille de Cavour. Celle initiative fut suivie par celle de l'Union lihér11le monorchisle de fêler le cinquantenaire de !'Unité italienne. Ainsi le projet se lransrornrn el prit plus d'ampleur, les habitants de la ville de Turin trouvèrent le moment venu de con,mémorer le grand événement historique de lo proclamation ,h, royn,uue d'Italie effectué ù Turin pn,· ln loi du 17 mars 1861. M. de Cavour êlail l'auteur de cc projet de loi en même temps <1ue la cbevjlJe ouvrière • de l'unité et de l'ii1dé1~endnnce de l'Italie. Rien n'était plus à propos que de rappeler celte date historique par une exposition imposante où les autres nations pourraient se rendre compte des progrès réalisés par le nouveau roy!lume pendant un demi-siècle. Au mois de mars 1907. des conversations s'engogeaitml entre ~l'M. Nnlhan, syndic de Rome, Frola, syndic de Turin, Toruaso Villa ~t quelques éminente,; personn:,lil6s de ln capitale piénrnntaise, et 11 Cul convenu que le cinquantenaire serait célc.bré par deux et.po• sitions internationales : une exposition d'art, qui s'ouvrirait à ~omo, el une exposition de l'industrie el du travail, (JUi aurait son siège il Turin et dans laquelle se trouverait 11at1Jrcllemenl comprise une exposition du journnl el de l'nrt typographique, dont le comte ~rsi. président de l'Association de la Presse subatpino, avait primillvement lancé l'idée. Le projet, soumis nu Roi, était nussitùt ngréé, cl Je souverain a~cc11_t:iil _le bnul_ l>?tronage des deux expositions. Un Comité général s_1'.1slttun1_t, ~rés,dc par le sénateur Frola, et l'organisation de t•c~posihon lurma,se - la plus considérable des deux - était confiée à une Commission exécutive ~pécinle donl S. A. H. le duc d';\.oste, cousin germain du Roi, consentuil à être le président d'honneur. Une élite d'honunes d'Etat, d'industriels, d'avocnts, d'ingénieurs, à lnquelte la houle société turinaisc adjoignnil <iuelques-uns de ses membres les plus éminents, nllnil composer l"élnl-major de cette Co11Jmissioo. Le sénateur Tomuso Villa - grand ami de ln l'rnnce, nncien ministre d'Etat, ancien com111iss:1ire général de l'Italie aux Expositions de 18S9 el de 1900 - la présidait. Ses vice-présidents étaient Antonio Rianchi {dont le rôle fut ici prci>ondérnnl); l'éminent nvocal Enrico lloycr, présiclont de celle Union libérale monorchique, qui avait été l'une des initiatl'ices de l'œune de 1911 ; le comte Delflno Orsi el le président de la Chambre de commerce de Turin, le grand industriel TcoOlo Rossi, qui, nommé plus tard syndic de la "illc, nltnil nous appnraltre, en sa jolie rondeur d'nl• Jures, en son éloquence joyeuse ou émue, élounanle d'abondance passionnée el de finesse, comme la plus nimnble inc.'lrnnlioo de lo cordialité italienne 1 Le sénateur Frola, syndic de la ville de Turin, lança, en février 1907, un nppel par voie do circulnire, el une convocation il l'asse,nbtée qui allait élire les Co111ilés d'organisation. L'assemblée, convoquée le H- février 1907, réunit dans ln salle de ln Chambre de commerce el des Arts de Turin les autorités de la

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