Les Francais A Turin en 1911

44 LES FRANçAIS l'Enseignement technique, la Marine italienne. . . Et déjà l'esprit s'embrouille à la vue de tant de surprises ! Ces groupements ne semblent pas, évidemment, très conformes à la nature des choses. Mais il faut comprendre qu'étant résolus à n'utiliser ce �are du Va!entino qu'à une condition : celle de ne pomt _l� mut.iler, les Turinais devaient subordonner aux cond1t1ons naturelles du lieu le placement des expositions de toutes sortes qu'on y répandait. Il leur fallait situer chacune d'elles non pas à l'endroit où logiquement il e1t paru convenable de la placer, mais sur tel lopin de pare dont l'étendue s'ajustait à ses dimensions nécessaires. Ce jeu de patience dut Ètre plein de diflìcultés; il semble ' li ' ' h ' 1 qu e es aient ete partout assez eureusement reso ues. On s'en rend très bien compte en explorant, sur cette rive gauche où nous sommes, la partie des jardins qui s'étend, autour du vieux Ch�teau, de l'Annexe allemande à la porte principale de l'Exposition. L'amusante promenade! Il n'y avait plus de place ici pour de vastes palais. Il y fallait, plus striétement encore qu'ailleurs, respeéter la topographie des allées, le dessin de certains massifs, les plantations d'arbres. Ce tour de force a été réalisé le mieux du monde; partout où s'offrait un espace vacant, une construlèion se po�ai:, à sa mesure, palais, pavillon ou kiosque. . . on faisait ce qu'on pouvait! ' A TURIN EN I9II. 45 TOPOGRAPHIE DE LA SECTION FRA IçAISE. Qg_ elle place la France tient-elle au milieu de tout cela? L'une des principales; la première, en tout cas, qu'aient occupée à Turin les nations étrangères. Nos expositions y couvrent cinquante mille mètres carrés. Elles sont dispersées, non seulement dans les divers palais internationaux qui leur ont été ouverts, mais dans les jardins, & notamment sur toute l'étendue de cette délicieuse Vaktta, où la Selèion française aura réalisé une sorte de chef-d'ceuvre. En somme, on peut dire que la France, ainsi disséminée, est «chez elle» un peu partout. LES DEUX ÉCOLES. Est-ce un bien, est-ce un mal, qu'au lieu de se ramasser sur elle::.mÈme, une Exposition s'éparpille? Il y a deux écoles & nous nous souvenons qu'à l'Exposition de Bruxelles, en 1910, de fréquentes discussions s'élevaient entre Français sur ce point. L'Allemagne avait érigé fìèrement, à quelque distance du centre de l'Exposition, son palais. Et il avait assez grand air, ce palais, encadré de végétations sombres qui faisaient para1tre plus blanches ses façades nues, plus éclatantes les boules d'or de ses pignons, au-dessus desquelles les aigles impériales déployaient leurs ailes noires. Cela

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