Les Francais A Turin en 1911

I! LES FRANçAIS I DERNIERS PREPARATIFS. 24 janvier-29 avril ! Moins de trois mois nous séparent de la date fìxée pour l'inauguration de l'Exposition de Turin. La topographie de la SeéHon française est maintenant 6.xée. Sous le controle de M. Louis Bonnier, l'éminent direéteur des services d'architeéture de la Ville de Paris' attaché au Commissariat général, les archiceétes sont à l'a:uvre: partouc, en dépit de la mauvaise saison & des embarras créés par une grève d'ouvriers italiens, tout le 1;1onde joyeusement s'évertue ! On presse tant qu'on peut 1 achèvement du Grand Palais, des palais internationaux. Sur les berges, dans les jardins, commencent à sortir de terre les menus édifìces qui seront, au printemps, la parure du Valentino, en meme temps que les premières feuilles y verdiront. Le Commissaire général a obtenu qu'on lui céd�t un ancien local du Cercle nautique de Turin, situé au bord du Reuve. C'est dans ce pavillon, pittoresquement blotti sous les arbres, en face du grand palais de la France, à quelques pas du terrain réservé à notte Exposition coloniale, que seront réunis les bureaux du Commissariat général & du Comité français. C'est de là que sera sévèrement surveillée l'exécution des mesures prises par le Commissariat général pour assurer contre le feu la sécurité de nos exposants. Exposant échaudé... craint le feu. Et l'on avait bien le droit' à Turin, de se rappeler Bruxelles. C'était tout récent : 14 ao-ti.t 1910; l'incendie brusquement décha.1né dans l'Exposition; le feu propagé, au milieu d'une panique folle, de la seétion belge aux seétions étrangères; une À TURIN EN 1911. 37 partie de la seétion française devenue en un instant la proie des Rammes; Bruxelles-Kermesse transformée en un énorme brasier. .. . �es hurle � ents des fauves de Bostock grillés dans le s1rustre �etenussaient encore aux oreilles des exposants bruxello1s, quand on sollicita ceux-ci de se rendre à Turin. Le Commissaire général comprit que ces excellents collaborateurs avaient besoin d'etre rassurés. Ce fut vite fait. Dès le commencement de juillet, M. Dervillé avait demandé & obtenu de M. Lépine l'envoi en mission à Turin de M. le lieutenant-colonel Cordier, des sapeurs-pompiers de Pari . Le mesures de défense contre le feu, que le savant offìcier proposa à son retour, furent immédiatement mises en a:uvre & striétement ' ' 1 "l d' executees sous e contro e une commission où le Commissaire général fìt entrer, à coté du colonel Cordier, les hommes les plus compétents: MM. Bonnier, architeéte-conseil du Commis ariat général. Hatton �nsp��eur 9énér � l - du Commissariat; Ferdina�d Meyer: mgerueur eleétncLen; Frey, architeéte en chef de la Préfeéture de police; Sanglé-Ferrière, sous-chef du Laboratoire municipal de chimie; de Montarnal, architeéte du Comité d'organisation. De leur cot�, les pouvoirs publics, la Ville de Paris, l�s organisatiohs particulières ne ménageaient pas à 1 a:uvre leur concours. Le Parlement votait les crédits nécessaires à l'exécution de la chape en ciment arrné & des rideaux de fer imaginés par l'architeéte Guilbert pour isoler, comme en un gigantesque coffre-fort, les tré ors de la Rétrospeétive & du Salon d'honneur, - les deux attraétions sensationnelles dont nous parlons plus loin. La Ville de Paris, d'accord avec M. le Ministre de la Guerre, décidait l'envoi à Turin d'un déta-

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