Les Francais A Turin en 1911

22 LES FRANçAIS Et exposer? Naturellement. Pourquoi voulez-vous que j'expose? Je sais que vous n'avez rien à attendre, en eflet, de ce sacrifìce. Vous Ètes aussi copieusement récom- / ' l'" /l'b pense qu on peut etre; votre marque est ce e re... / - Les droits de douane me ferment les marches d'Italie. - Parfaitement. Tout cela prouve qu'en venant ici vous n'aurez pas eu d'autre pensée que celle de r endre service à vos compatriotes, & de me faire plaisir... L'ami se débattait, furieux & Hatté. - Savez-vous ce que coltterait une fantaisie pareille? Terrain, construéhon, marchandises, & le reste? Plus de cent mille francs, mon cher. Vous Ètes assez riche pour les dépenser. - Maisnon. - Mais si. Et puis je vous jure que c'est une bonne aél:ion. Affaire conclue? L'ami essayait encore une vague défense, & rentrait à Paris, vaincu... Huit jours après, il envoyait son architeél:e à Turin, & le Commissaire général <<passait» au Comité français un exposant de plus. Avec quelques variantes - mais toujours avec le mÈme succès - cette petite scène s'est bien jouée, à Turin, une dizaine de fois durant les dix ou douze mois qui précédèrent l'ouverture de l'Exposition; & ainsi, peu à peu, se multipliaient, sur le plan des _ b � rg � s & des jardins, les petites taches de couleur qui sigmfìaient : <cLoué à la France». • À TURIN EN 1911. LE PAVILLON DE LA VILLE DE PARIS. Mais ce n'eùt été là qu'une partie de la viél:oire rÈvée par le Commissaire général. Continuons de regarder le plan.Au seuil & de chaque c6té du pont monumental, e'est-à-dire au centre mÈme de ce territon·e dont MM.Dervillé & Pralon allaient entreprendre la conquÈte deux beaux terrains inoccupés descendaient en pente' do , uce ".'ers le_Heu':_e ... ccli_ faut me _ don�er ces terrains-la», dit un JOur a ses am1s de la via Po notte Commissaire général. M. Villa sursauta. M. Bianchi se . ' . mit a nre. - Ce sont les deux plus beaux emplacements de l'Exposition que vous nous demandez-là! - Je le sais bien. C'est mÈme un peu pour cela que je vous les demande. Et je vous promets que si vous me les accordez, ce ne sera pas un exposant ordinaire qui les occupera... / . . , . La Commission execut1ve tendait 1 oreille. - Que diriez-vous, proposa M.Dervillé, si, sur cet emplacement, la Ville de Paris venait officiellement s'installer chez vous? Ce fut une joie générale. . . - Nous vous donnerions les terrams pour nen! M. Dervillé, rentré à Paris, s'empressait d'aller informer le Préfet de la Seine & M. Dausset, rapporteur du Budget au Conseil municipal, d� _ cette / �eureu�e aubaine. Une Commission des expos1t10ns etait aussit6t constituée par le Conseil, & chargée �·ente�dr<'; le Commissaire général de Turin. On se fut vite m1s d ac-

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