Les Francais A Turin en 1911

LES FRANçAlS cord sur le principe & sur les conditions fìnancières de la participation qu'allait ratifìer le Conseil. Et l'on confìa à M. Roger Bouvard le soin de construire à la Ville de Paris sa maison. Nfais une question se posait : cette Exposition de la Ville de Paris n'allait-elle pas Ètre quelque chose de bien sévère & de bien sec? Une ville est un exposant prestigieux, mais d'espèce peu réjouissante. Une ville expose des 111odèles, des recueils, des statistiques, des atlas, des échantillons, des graphiques, des plans, des photographies. Toute la vie de Paris peut tenir en une colleéHon d'images bien faites. A supposer que ses écoles, ses laboratoires, ses h8pitaux, sa police & sa voirie, ses services d'hygiène, d'assistance, d'architeéèure, d'éclairage & d'eaux, ses promenades, son Métropolitain pussent fournir, à Turin, la matière de quelques jolies leçons de choses, &, çà & là, de reproduéHons originales, de «réduéHons)) amusantes comme des joujoux, l'attrait d'une telle exposition (nous ne disons pas son intéret, mais son attrait) suffuait-il à appeler la foule des visiteurs, & à la retenir? Assurément non. Pour la joie de Turin & pour la gloire de Paris, il importait clone de trouver quel q tte chose. LES MANUFACTURES NATIONALES. On avait bien pensé à enrichir le Pavillon de Paris d'une RétrospeéHve de la Ville. L'idée était charmante, & l'homme chargé d'en mener à bien la réalisation était tout indiqué : e'était M. Georges Cain, le très artiste & très érudit conservateur de Carnavalet, à qui d'ailleurs le Commissaire général avait déjà résolu de À TURIN EN 1911. 25 confìer l'organisation d'une autre Rétrospeéèive (le clou du Grand Palais !) dont nous parlerons plus loin. Cependant M. Dervillé revait pour Paris plus de gloire encore, & s'adressant aux commissaires de l'H8tel de Ville : - Consentiriez-vous à recevoir chez vous no manufaéèures nationales? à ouvrir votre pavillon à quelques chefs-d'ceuvre des Gobelins? Vom plairait-il de faire de deux ou trois de vos salons les écrins où Sèvres déposerait ses plus beaux souvenirs & quelques-uns de ses bijoux nouveaux les plus rares? La proposition fut accueillie comme elle devait l'etre, avec enthousiasme. En ce qui concerne les Gobelins, elle présentait meme un intéret spécial : la Manufaéèure des Gobelins n'avait pas exposé depuis 1900. Pour la première fois depuis onze an , elle allait redonner, dans une Exposition, le speéèacle de ses ceuvres, de cet art merveilleux dont aucune rivalité étrangère n'a menacé encore la suprématie. Il ne restait qu'à obtenir l'adhésion du Gouvernement à ce projet : elle fut donnée sans hésitation & avec joie. Une Exposition d'art allait s'ouvrir à Rome, & nous y étions brillamment représentés; mais il était agréable à M. Dujardin-Beaumetz que, dans une Exposition « des Industries & du Travail)) , nos tapisseries des Gobelins, nos céramiques de Sèvres vinssent représenter précisémerit une des formes les plus nobles du travail humain : l'alliance de l'Art & de !'Industrie. Q!. ant au Pavillon lui-meme, il avait été décidé qu'il servirait, lui aussi, à représenter chez nos ami italiens un peu de notre grand passé d'art. On demandait à M. Roger Bouvard non d'inventer de l'architeéèure neuve (il eÙ.t été capable d'y réussir excellemment), mai

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