Les Francais A Turin en 1911

160 LES FRANçAIS digues & fastueux; vous avez su de l'élégance & de l'esprit. Vos manufaétures de l'Etat, votre Rétrospective, votre Grand Palais, vos pavillons, vos jardins, - votre Restaurant rneme! - furent la parure de cette Exposition ...» Il avait raison, ce Turinais. Nos voisins, au total, pouvaient mieux faire. Il leur d1t suffi de le vouloir. Mais, tout de merne, de très beaux & importants morceaux honoraient leur exposition. On en pouvait critiquer, chemin faisant, des détails : trop de pianos mécaniques; une galerie d'accès plus triste qu'un couloir de mine, un Guillaume II amiral, en or! encadré de chevaux marins, au-dessus d'une Botte de bateaux-joujoux, que cette effigie monumentale écrasait Hcheusement; on pouvait s'amuser à la vue de certaine rotonde dont une colonnade de crayons «Faben> supportait la coupole, & trouver plaisant qu'à la Seétion de céramique leur article le plus souvent vendu fùt un Napoléon l", en biscuit. .. Rien de tQut cela n'empeche que l'Allemagne, à Turin, n'ait donné quelques utiles leçons. Comme tous les grands pays exposants, elle avait dispersé, hors de son propre palais, dans les batiments internationaux, de très nobles échantillons de son grand outillage industrie!, de sa métallurgie, de ses industries éleétriques; &, dans son palais, l'on put admirer de très belles expositions de musique, de chimie, d'optique, de mécanique de précision. Celle de la navigation fut remarquable tout à fait. Il semble que de ce coté se soit porté le grand effort. La merveilleuse Botte des petits navires s'alignait en place d'honneur, sous la coupole où l'on lisait cette fìère devise : cc Vivere non eff 11ecefle j navigare necefle eff)J. Il est vrai que M. Josse était orfevre; & le Commissaire général allemand, l'un des plus À TURIN EN 191 r. 161 distingués ingénieurs de construétions navales de l'Empire. Trois palais étrangers séparaient l'Allemagne, sur la rive droite, du Pilonetto j & si «palais» semble ici un terme trop ambitieux, disons : un spacieux local... & deux pavilloos. Le grand local - une sorte d'immense c.,ouloir allongé au bord du Po - érait I� Seétion des Etats-Unis, très tardivernent & très hativement aménagée, avec trop de grands hommes, peut-etre, trop de portraits en pied, bleus & verts; improvisation bizarre, un peu monotone, d'on ne sait quel disciple d'AmanJean. N'impone; il y avait dans ce couloir, suspendues aux murs, toutes les forets de l'Amérique du Nord, & ce �ut � n panorama photograp�q .�e i?oubliabl� ; il y avait d etonnantes maquettes ou s evoquait le genie industrie! de nos grands concurrents d'Outre-Mer; il y avaitleurs bocaux de fruits californiens, à fairerever tous les gourmets de l'univers ! Les pavillons, c'était celui de la Serbie. charmant / ' ' pose comme un bibelot au bord du Reuve, & , dont à distance, les coupoles menues se découpaient si joliment, en blancheurs rondes, sur le fond du décor; c'était le Pavillon d'J Siam, bleu & or, minuscule aussi, avec ses.bords de toits en dents de scie, & où l'on s'étonnait de rencontrer une exposition de peinture charmante : les cruvres d'un artiste turinais, C. Ferro, qui vécut làbas (_honneur aux peintres qui voyagent ! ) & rapporta du Siam des paysages & des croquis d'une singulière saveur. ...Traversons.Voici, sur la rive gauche du Reuve, au milieu des jardins, superbe en son «splendideisolement», l'Angleterre.L'exposition de la Seétion anglaise fut sans 11

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