Les Francais A Turin en 1911

À TURIN E Et ces promesses sont des menaces, concluront quelques pessimistes. Nous leverrons bien. Remontons le fleuve, en attendant. Traversons le Palais de la Belgique (exposition sévère, paisible d'aspeéè, pourrait-on dire, mais de parfaite tenue, & où l'ambition de bien faire l'emportait sur celle de parau.re... & d'amuser); puis, du Palais de la France gagnons le spacieux terre-plein au-dessus duquel s'érige - face au pont monumental, -leChateau d'eau. L'Allemagne dresse sa porte d'entrée à quelques mètres de la notre. Des deux cotés du pont, les deux pays semblent se regarder en chiens de faience; disons, pour Ètre plus exaéè, en chiens de ciment. Elle était étrange, cette exposition de l'Allemagne. Un Turinais nous disait un jour, désignant le Palais du Kaiser : cc Le mari»...; puis, montrant le Palais d'en face, - le notre -: «L'arnant». Et il expliquait : - L'Allemand est ici l'époux puissant, l'époux qui a des droits, fait un peu peur à sa femine, & ne se met point en frais pour lui plaire. L'Empire est chez nous en pantouRes & veston de chambre. Il a bourré sa pipe, s'est assis au bord de l'eau, dans une maison médiocrement,,meublée; il a répandu le long de cctte maison les petites tables d'une brasserie, dont l'enseigne: « Mtinchener Burger Brau», se déploie le loog de la terge en caraéèères énormes comme une devise... & visiblement il a peosé, ce mari : «Je m'en tiens là; & si «l'Italié n'est pas contente, elle le dira». «Vous avez eu, vous Français, plus de coquetterie. Vous Ètes les amoureux de la veille, injustement délaissés, & peut-Ètre jaloux de reconquérir une position perdue. Vous vous Ètes mis en frais; vous avez été pro-

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