Les Francais A Turin en 1911

2 LES FRANçAIS pas le moins du monde; que, meme, on s'amuse un peu, beaucoup; & la satisfaéHon ressentie est cl'autant plus vive qu'on l'attendait moins. N'est-ce pas là l'impression que beaucoup d'entre nous ont ressentie après qudques heures de promenade dans Turin? Des Pari iens blasés, des artistes épris des rares beautés qu'à Rome, à Venise, à Florence, à Naples, l'Italie nous prodigue, avaient dit aux Français qui, naguère, se rendaient à l' Exposition du Cinquantenaire : «Turin ne vous intéressera pas. Turin est une ville ennuyeuse... » Et l'on nous décrivait avec dédain la grande cité plate, géométrique, avec ses rues monotones, ses alignements de maisons sans beauté, ses tramways encombrants, se carrefours hérissés de statues politiques : les souvenirs du Risorgimento. «V ille d'industrie... ville moderne...>> Les poètes meme qui l'ont aimée ne semblaient-ils pas avouer ce qu'il y a de mélancolique en son aspeéè? Et l'on nous rappelait les paroles d'Antonio Fogazzaro : «Je te salue, Turin, ville sacrée aux antiques espérances, première législatrice & guerrière de la liberté : Toi qui alignes, entre le P8 & la Doire, des maisons propres & uniformes comme autant de soldats bien disciplinés... Rappelle à l'Italie tes antiques coutumes austères, droites comme tes rues...» C'est vrai. La topographie de l'antique Tcmrasia n'est pas de celles qu'un artiste qualifìerait d'amusante, & nos «Amis du vieux Paris», pour qui la beauté d'une ville réside principalement dans le désordre de son dessin & la vétusté pittoresque de ses immeubles, ne trouveraient pas à Turin de quoi se satisfaire. Un grand nombre d'étrangers, que l'Exposition de 19n y amenait pour la première fois, n'ont pas eu l'imPI. TI. '- :::l o u

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