Les Francais A Turin en 1911

68 LES FRANçAIS JvI Louis Daus et avait revé d'ajouter au speél:acle de la Rétrospeél:ive - exquise vision d'un peu du Paris d'autrefois ! -la vision du Paris d'aujourd'hui, de Paris vivant, surpris & fìxé dans l'innombrable & si diverse réalité de ses aspeél:s & de ses attitudes : Paris cinématographié ! C'eiÌt été, sans doute, un admirable divertissement offert par la Seél:ion française à la curiosité de foules italiennes ! Le rez-de-chaussée du Pavillon avait été construit & aménagé de telle sorte que le cinématographe y fiÌt comme isolé du reste de l'immeuble. Les précautions les plus sévères étaient prises, & l' on se Rattait cl'avoir garanti l'absolue sécurité des speél:ateurs dont on avait raison de prévoir l'affiuence... Hélas ! nul raisonnement, nulle démonstration ne prévalurent contre la /erreur manifestée par l'excellent Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts à la nouvelle que, sous les Trésors de nos Manufaél:ures nationales, un cinématographe allait Ètre installé ! Les scrupules de M. Dujardin-Beaumetz étaient trop respeél:ables pour qu'on n'en t1nt pas compte; & M. Louis Dausset dut se résigner à nous priver du speél:acle dont il s'était réjoui cl'égayer le programme, nécessairement un peu sérieux, de son Exposition municipale. Cependant, là encore, l'ingéniosité de l'exposant sut triompher de l'aridité du sujet. L'Exposition de la Ville de Paris ne fut pas seulement la plus riche, la plus variée, la plus copieusement documentée des expositions municipales (les 492 numéros de son catalogue suffuaient à l'attester !), elle fut instruél:ive avec esprit; elle fut, en sa sévérité mÈme, étonnamment parée d, agre/ment. A cÉ>té de l'exposition si curieuse de ses archives - pièces adrninistratives de l'Ancien régime; précieux À TURIN EN 1911. 69 documents historiques dont le plus �ncien (un aél:e de donation de l'archevÉque de Sens à l'abbé de SaintDenis) porte la date de nu ! - la Ville nous présentait, en colleél:ion cl'ouvraees, en albums, en riches & abondantes photographies, en aquarelles, en maquettes de la plus jolie exécution, l'inventaire & l'image de sa vie. Au nombre de ces maquettes, furent surtout adrnirées celles des abattoirs & du Métropolitain, - de petits chefa-d'ceuvre. Plusieurs services avaient ajouté •à l'exposition de l'image celle de l'objet : par exemple, le service du Laboratoire municipal; celui de l'Identité judiciaire, où fìgurent les étonnants instruments de travail de M. Bertillon. C'était l'exposition du matériel qui sert à l'enseignement des enfants aveugles de l'École Braille; c'était enfìn celle des travaux manuels de nos �coliers parisiens. Paris possède quinze écoles profes­ � 10nnelles, - dont sept pour les garçons, huit pour les Jeunes fìlles, - qui ont pour objet de préparer des sujets d'élite à !'industrie & aux arts industriels. La Municipalité parisienne avait eu cette idée originale d'exposer à Turin, au lieu de travaux épars & sans suite exécutés par ces écoliers, un salon dont la construél:ion, la décoration fìxe & mobile serait leur ceuvre, entièrement. Ce qui fut fait. En trois mois, troi cent cinquante petits ouvriers & ouvrières de Paris, �gés de quatorze à dix-huit ans, exécutèrent sous la direél:ion de leurs professeurs ce difficile ouvrage. Les Écoles d'Art � o/mposèrent les maquettes & les dessins. Les élèves de I Ecole Boule fuent les boiseries, les meubles, les bronzes & les tapisseries; ceux des Écoles Dorian & Diderot, le parquet & la serr1:rerie; ceux de l'Ecole Germain-Pilon, la cheminée; l'Ecole Bernard-Palissy & les sept écoles de jeunes fìlles fournirent au salon tu-

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