Les Francais A Turin en 1911

66 LES FRANçAIS ries dorées Louis XVI encadraient d'admirables grisailles attribuées à Sauvage. La grande salle située au centre de la façade, en bordure du P6, & qui faisait suite à celle-ci, était - ainsi qu'un troisième salon plus petit situé à l'angle droit du Pavillon - _ parée d'un décor de boiseries Louis XV du plus rav1ssant effet. Enfin, on accédait, par un petit escalier, de cette pièce à un quatrième petit salon d'époque Louis XVI , ouvert sur une loggia que fermait une bal�1strade de fer... historique, comme tout le reste, & qui provenait de l'église Saint-Sulpice. Mais ce qu'on voudrait pouvoir décrire avec plus de détails, c'est la somptuosité & la grace unique de ce coin d'Exposition : du gran� salon central, imposant sous la parure de ses hauts p1lastres cannelés à chapiteaux corinthiens; du salon Louis XV, aux boiseries vertes & roses sur lesquelles une décoration Barale en relief répandait la plus délicate élégance; du boudoir, enfìn, où les fauteuils de la Pompadour avaient pour fond ces boiseries grises & bleues, rehaussées d'or, dont la vue était un régal. Car il y avait, pour compléter la beauté de ce décor unique, un autre décor exquis : celui des meubles, - empruntés aux réserves de Carnavalet, du Mobilier national, des colleéì:ions particulières : clavecin Louis XVI, sièges fameux, bureau signé, pendules & lustres rares, - tout un musée. Restaient les murs & les vitrines... la Rétrospeéì:ive proprement dite. Ici la générosité des colleéì:ionneurs fut admirable. Les plus célèbres d'entre eux faisaient partie de ce comité que le Préfet de la Seine avait chargé d'organiser la Rétrospeéì:ive; & ils avaient commencé par se dépouiller ! M. Lehmann envoyait à Turin deux Boucher, un Fragonard, le célèbre portrait de la Dubarry, par À TURIN EN 1911. 67 Drouais; M. Jacques Seligmann, le portrait de la comtesse Regnault de Saint-Jean d'Angély, par VigéeLebrun, & quatre délicieux paysages d'Hubert Robert; M. Félix Doistau, une statue équestre en acier, de Louis XIV, sur son sode ancien: - un chef-d'reuvre de Girardon (se la rappclle-t-on, si joliment campée sur la cheminée du salon central?). Ajoutons à ces richesses d'autres richesses encore : des dessins, des gra- •vures, des objets d'art, - envois de MM. Bernard Franck, Henri Cain, le comte Allard du Chollet, Bardac, Jansen, Carlian-Beaumetz, & du Musée Carnavalet; & puis, enfìn, quelque chose d'extraordinaire, d'unique : les vitrines de Mmc veuve Rigaud ! La célèbre colleéì:ion de dentelles où les plus délicats, les plus rares points de France & d' Italie composaient un speéì:acle qu'aucune visiteuse du Pavillon n'oubliera. Et quelle jolie sdence de l'arrangement ! Et comme ils «faisaient bien», discrètement & savamment dispersés parmi ces blancheurs précieuses, les éventails anciens qu' avaient apportés là les bons génies de Carnavalet ! LA VILLE DE PARJS. Mais on a rais;n de dire qu'il n'est point de bonheur parfait. Cette Exposition de la V ille de Paris qui dans sa partie moderne, aét:uelle &, pourrait-on dire, didactique, aussi bien que dans sa partie rétrospeéì:ive, fut l'objet d'une si juste & si unanime admiration, ne réalisa pourtant pas exaéì:ement -on peut bien le dire à présent ! -le reve ambitieux de son grand metteur en scène, d'un des hommes à qui cette Exposition doit d'avoir existé, à M. Louis Dausset. 5.

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