LES FRANçAIS xx. e siècle - avait été commandé à Willette. Il nous semble bien que jamais ce grand artiste ne montra plus d'esprit, plus de charme, une science de composition plus grande. Faute de place suffìsante au Pavillon de la Ville de Paris, ce délicieux ouvrage ornait, à Turin, le Hall d'honneur de la Seéèion française. Il l'orna splendidement I Mais revenons à notre Pavillon. BEAUVAIS ET LA MONNAIE. Le cortège royal, au point où nous en sommes, est loin d'en avoir achevé la visite. Voici, dans le Salon d'honneur, la très belle exposition de Beauvais : six panneaux décoratifs, dont un, la Répnblique da11s les roses, d'après Jeannin, d'exécution toute récente ( 1910 ), & de précieuses pièces d'ameublement; voici, près du Salon Chéret, la vitrine splendide où notre Administration des Monnaies présente ses richesses : rnédailles de la colleéèion historique, de Louis XII à l'époque contemporaine, - & principalement celles où s'évoque le souvenir d'événements à la fois intéressants pour la France & pourl'Italie. Puis l'adrnirable série des médailles & plaquettes qui font tant d'honneur à nos graveurs contemporains, & où s'afE.rme avec tant d'éclat la récente renaissance de la glyptique française. Avançons toujours; dans le grand salon qui s'ouvre, au rez-dechaussée du Pavillon, en bordure du Reuve, d'autres surprises nous attendent, une des plus charrnantes peutÈtre : e'est ici la Rétrospeéèive de la Ville de Paris, l'exposition de Carnavalet, pourrait-on dire... & de se amis. À TURIN EN 191 I. CARNAVALET ET �SES AMIS. Cette Rétrospeéèive fut préparée par un Comité dont M.- le Préfet de la Seine avait désigné les membres & où se trouvaient assernblées les compétences les plus variées. A còté des délégués du Conseil municipal & de la Préfeéèure de la Seine, de M. Georges Cain t de ses fi.dèles & érudits lieutenants, M. Jean Robiquet & le comte Allard du Chollet, figuraient nos plus notoires arnateurs d'art, l'élite de ce qu'on pourrait appeler le monde de la Colleéèion. Et au premier rang de cette "élite : Mme la comtesse de Béarn, Mmc la comtesse de la Béraudière, Mmc la comtesse de Ganay, Mme la corntesse Greffulhe. On ne saurait assez remercier ce comité du go-tJ.t parfait, du dévouement, de la libéralité qu'il sut apporter ' à l'accomplissement de sa mission. La «présentationlJ de cette Rétrospeéèive fut, à elle seule, quelque chose d'exquis, & jarnais fÈte d'art ne fut mise en scène avec plus d'élégance & plus d'esprit. Le Musée Carnavalet possède dans ses réserves de merveilleuses boiseries qui proviennent de vieux héhels parisiens de la me de Grenelle & de la me de Fleums. Le percement du boulevard Raspail néces• sita naguère la démolition de ces maisons vénérables; & ce sont elles, ce sont leurs précieux morceaux - des morceaux d'un délicieux Paris qui n'est plus - qui servirent de cadre à la Rétrospeéèive de Turin. Elle était contenue en quatre salons. Dans le premier, dit Salon du Conseil municipal & qui faisait suite au «Salon des Chéret», cinq panneaux de boise5
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