Les Francais A Turin en 1911

À lURIN E 1911. 'était promis d'y Ètre, lui aussi, ce que les Goncourt (M. Geffroy est membre de leur Académie) appelaient un «apporteur de neuf». Il l'a été. Il a eu cette spirituelle audace de commander à Jules Chéret...un salon, & ce «Salon Chéret» fot, à Turin, l'exposition autour de laquelle les curiosités se montrèrent, de toutes les façons, le plus excitées. Les quatre tapis eries de Chéret - dont l'exécution • s'espaça sur une durée de deux ans & demi, & dont l'une, le panneau des Pamprfs1 était terminée six ou sept semaines, à peine, avant l'ouverture de l'Exposition - représentaient les Saisons, c'est-à-dire : lfs Roses1 !es Blés1 les Pa111pres1 !es Ho11x. On conna1t les «femmes» de Chéret; elles n'ont rien de la dignité figée des ccallégories», des ccsymboles» d'autrefois; une «femme» de Chéret, c'est, dans une fÈte de couleur, du mouvement endiablé, de l'espièglerie folle, de la grfì.ce un peu acrobatique. Une «femme» • de Chéret, c'est une affiche à faire rÈver... Il y eut des amateurs qui, devant ces audaces charmantes, s'emballèrent; d'autres, qui ne comprirent pas, s'effarèrent... Mais les emballés furent les plus nombreux. A noter encore : l'écran d'Odilon Redon : un écran où brillent des .fl�urs que l'on connaÌt, où se nuancent cl'autres .fleurs que l'on voit en rÈve. Elles sont harmonieuses, construites cl'après la forme savante de l'ornement, & l'on prévoit quelle pourra Ètre l'originalité des compositions auxquelles travaille aB:uellement pour les Gobelins ce puissant artiste. Il manquait quelque chose à cette étonnante exposition du Pavillon : il manquait le ccWillette» ! Pour une série de tapisseries consacrées aux provinces & aux villes de France, un «Paris» - le Paris du XIXc & du

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