Rapport général de la section française

- 62 - nord, le grou1>e imposant des palais sud-:1méric,1ins: l'Argentine, " 1'1\mériqnc latine », oil se trouvaient a~semblées les exposifions de l'Uruguay, de l'Eqnateur, du />èrou, de Sai11t-Doming11e, du l'énhttéla cl du Brésil. Un peu nu!ll:c, Slins doute, celle exposition de l'Amérique lalinc, mai, si intéressante par la vnriûlé, l'inlelligcnce, la hardiesse de certains efforts rencontrés ! Les écoles publiques d'Umguay, nolru11mcnt, prèsenl:iient un des eoscmlilcs les plus inslruclifs ,1u'il y eùt li Turin. A cùlé de l'Amérique latine, - cl comme adossée 11 ln perspecti,•c du couvent des Capucins, juché là-haut. au faite du décor, - l'Arr1entine; l'A1·genline, dont les IK1•ufs frigorifiés firent rêver les ;nnngeuts de viande ! .\ Turin, comme à Roub.iix. quel1111es $Cmnim•s auparavant <et peut-être mieux encore qu'à l\oubaix), l'Argentine sui faire, en son vaste palais d'ardiiteclurc claire cl simplè, cl dcdnigncuse de vaines pal'Ure~. l'exposition intelligente, ulilr, scvèrc, que comporte la nalure de sa production. Elle n'a point rhcrché à plaire ni ,\ étonner : elle a dressé devant nos yeux, avec une méthode parfaite, une 1t1cr1•eille11sc abondance de rcnscignemunls, une ingéniosité commerciale saisissante, le tableau de ses richesses n11lurelles, c'est-li-dire de sa f)Uissancc véritable. La plup,11·1 de5 expositions rurent, 1l Turin, plus amusnnte~ t1ue la sienne. Aucune n'instruisit dnvnnloge. cl n'iuslruislt mieux. Et le 13rti.til I Pour construire. aménager el pnrcr les trois pafais donl les dômes d'or rouge resplendis,aienl ou-dessus du neuve, le Brésil dépen~a, dil-oo, six millions. Son exposition était une des plu~ lux.ucuscs ccu'on pùl imaginer ! Outre les l-chnntillons de ses prodigieuses richess~s naturelles, le Brésil avait en\'oyé i, Tudn les produits de ses industries Ioules neuves et les essais de ses :11·Lisles... un peu neufs aussi. Quel sr,eclaclc ëdilianl. cl comme il est amusant à contempler l'elTorl de ces jeunes industries brésiliennes. de ce j~une art bt·êsilico ! Il s'é1,nnouil avec une sorte d'ingéniosité l'aill:111lè. 11 o les naî\'elés, la gauchcl'ie de tous les cll'o1·ts jeunes. Il en n l'audace aussi: cl n'esl-ee pas lrès joli, l'rnimenl, qu'à coté de ses ,·Més, de ses tabacs. de ses bois, de ses papillons merveilleux, de ses gemmes mngniflqucs. le Brésil ail pu exposer ,\ Tu,in, forl honora• blement, des ,•èlemensl. des chaussures. des harnachements, des 11innos à queue... cl que San-Paolo soit devenu exposont de meubles eu flnlie 1 el que ~r;nas-Ge.raes ail pu nous pr~sentcr, pas bien loiu flu clioramn français de Ill Coulure. une vitrine. de mannequins à l'instar de Paris? L'indu!<trie cl l'nrl du \'ieux ~!onde pcuvcnl cri• ' 1 ' 1 1 1 1 ' 1 - tl3 - tiquer tout cela. Peu importe. De tels coi111nenccmenls sont des prou1esses. Et ces promesses sonl des menaces, concluront quelques pessimistes. Nous le verrons bien. Remontons le lleilve, eu attendant. Traversons le palais de la 13elgiq11e (exposition sél'ère, paisible ,l'aspect. pourrait-on dire, mais de p:1rfaile tenue. cl où l'nmbilion de bien fnire l'emporlt1il sur celle de pariiîlre... el d'runuser); puis, du palais de la France, gagnons le spi,cieux terre-plein nu-dessus duquel s'él'ige - face au pont monurnenlnl - le Cluileau d'e,,u. L'Alle111ay11e dresse sa porte d'entrée i1 truelques mètres de ln nôtre. Des doux côtés du pont, le, cieux pays semblent se regarder en chiens de foienee: disons, pour ètre plus exncl. en chiens tic ciment. Elle était étrange, celte exposition de l',\llem:igne. Un '!'urinais nous disait un jour, désignani le Palais du l<aiser : " Le mnri •... : puis. monlrant le Palais d'en fnce - le nôtre - y !,'amant "· El il c):pliqunit : - L'Allenrnnd est ici l'époux puissant. l'époux qui a des droits, t'nil un peu peur /o sa femme, el ne se mel point en frais pour lui plaire. L'Empire est ..i,ez nous en pnntoulles cl vcslon de d1a11tbrc. Il a bourré sa J>ipc, s'esl n,si< au bo1·d de l'eau. dnns une maison mêdiocremenl meublée; il a répandu le long de celle maison les petite~ lru.,les d'un~ brasserie, dont l'enseigne : • Müncb~ner llurger llmu ,1 , se d~ploic le long de l:1 berge en caruclères énorn,cs comme une devise... el visiblement il II pcnstl, cc mari : ,, .Je m'en tiens là. et ~i l'Italie n'est pas contcolc, elle le dira. • N \"ous nve:r. eu, vous, Frtmç.ois, plus de coquetterie. \'ou::; êlc.s le, amoureux de la ,,cille. injustement délaissés, cl peul-être jaloux de rct•onquèrâr une position porduc. Vous vous ètcs mis en frais ; , ous avez été prodigues el fastueux, ,·ous ~,•ez eu Ile l'êlJgnncc el de l'cipril. Vo~ m:u,urnctures de l'Etat, l'Olrc Rétrospccti"e, ~otrc Grnnd P"lois, vos pavillons. ,·os jardins, - voire reslaur:rnl même l - furent la parure de celle !~~position... • li avnil raison, cc Turinnis. Nos voisins, nu lolnl, 1>ouvnienl mieux faire. Il leur eùl suffi de le ,·ouloir. ~lois, tout de m<'me, de trés beaux cl importants n1oreeuux honoraient leur exposition. On en pou\'ail critiquer. chemin fniM1nl, des détails : trop de pinnos mécaniques, une gnlcl'ic d'n~cès plus ll'islc qu'un couloir de mine, un Guillaume 1f nmiral, on or, encadré <le cbenmx mnrin~, :tu-dessus

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