- 30- .Jamais cnlbousiasmc ne Cul aussi unanime, jamais on ne vil de rues plus àbondanw1enl décorées. On pass,ül sous des voùles d~ guirlandes el de girandoles, cl cerlaioos grandes rues en élaicnl si richement décorées que les maisons <.itaicnl cachées par tes fleurs et les bannières. On y voynil l'éléphant blanc du Siam. le dragon d' Annam, le croissant tm·c sur fond rouge, il coté des drupcnux il<1liens el fran- ~ais. Ce n'était pas la triple olliancc, ni la triple entente crue l'on c~h!brnil, mais l'aJHanco universelle; c'étnit !'Exposition elle-même que l'on fètait, et c'était une jolie idée t1ue de pavoiser :1in$i une ville en l'l1011neur de ses hôles, lanl qu'il en vennil de uouvcau:i. Les rives du Pô ne sont pas, comme celles de la Seine, prises 11ar ries quais, des port.,;, des pé11iehes, des batcnux, tout un mouvement conuuoreio.l. Le Pô est ,rapide cl peu profond; il ne mène il rien cl ses abords sont enchanteurs, bordés de Jnrdins publics ou 11rivtls el de ch,\leaux comme ce Yalenlino, où les rois de Sardaigne allaient chercher un peu de fraicheur, l'èlé, avonl d'avoir Hacconigi, Stupinigi el Moncnlieri. La solcnnilé était fixée pour dix heures. Quelques instants nupurQ\':1nt, le Roi. la Reine et les Princes. uccompngnols d'une nombreuse snile, ru-rivent à Turin pàr train spécial cl se rendent nussilôl, n,•ec escorte des gardes du corps, ou Pnlnis des Fûtes, au niilieu d'ncclnmnlions chaleureuses. Le v(1stc hémicycle oll're un coup d"~il ;mpo~nnl. Sont présents : le duc d'Aoste, le eomle de Turia, le duc des Abruzzes, le duc de C~acs, la princesse L:clilia, la duchesse Tsabellc cle (;~aes, le 1m~- ~ident du Conseil, ~r. Giolill.i, les minislJ"es: marquis di San Giuliano, M1J. Sncchi, Niu;. Fnctu, SpiJ,gardi, Cnllissano, les présidents du Sénat el de la Chambre, le corps diplomatique, les maires de Rome et de ~man, le Comilo de l'E:.posilion ,wec ses présidents, les ,:énaleurs 1-'rola el Vilfa, les commissaire~ étrangers, les autorités el de nombrcus in,•ilés, au premier rang desquels on rumarque ~Dl. Oervillé, conunissairc générul du GouverneJllenl français ; Bcllnn, président de la Section française; G.-Hogcr Sandoz, secrêlnire 1,1énérol du Comité Cranç11is: de Pellerin de Latouche, secrétaire gênérol rie la Commission d'organisation; ~lasure, ~•crt!taire f:!énérnl du Commissnrinl générnl; 0onnier, directeur des trnvaux de la \'ille de Paris; les représentant. des ministres français du Commerre et des Beaux-Arts, les représentants du corps diplomaliquc, en lêlc desquels ~I. llanèrc, nmbassadeur de France. t ' 1 i ' - 31 - Aussilôl que les Souverains ont pris place sm· leurs fauteuils, ln c<'rémonie inaugurale commence. Pcndnnl la cérémonie prennent succcssi,.cmcnl lu parole : le sén:tleur \'illa, présiclent de la Commission exécutive de 'J'Exposilion; le sénnleur Frolu, président du Comité gcntlr:d; Je sénateur J•'ossi, maire rie Turin : M. Nilli, ministre de l'Agricullure, el )1. Nalhnn, maire de Home. Le sénateur Rossi, m:iire de Turin, a, dans son discours. célébré l'unité ilnlienne el ses nulcurs. C'e~t ici, o\ Turin, dit-il, que se S<>nt mûries les destinées dê Jn patrie. Au milieu de. hommes abnttus el des gémissemenb qu'nrrncbnit le joug de l'étr11ngor, seul se dr=•it Je l'iémonl, droit 01 superbe. Victor-Enunanucl, cette: grandiosu flgurc rlnnlt$<Jue, n'auroil pu nrl'ivc1· seul nu but poursuivi s'il n'nvtlit l'U avec lui olc concours puissant d'nulrt~ què Dieu fl suscités en .ces jours pour Jn fortune de l'llnlic: : Jnse_ph Mnzzini, Joseph Garibnldi, Cnmille Cnvour. C'était J'lloUc qui ,,,urgissoit, n,•ec lu trois coul«?urs dt: son drnp~.\U, de sa IC'th.nrgic de treize sièrles, on crinut au monde son droit de \'Îvre t\ll soleil de lo liberté. J,'ht\norne11 t que nous commémorous est «Jébré ù ln rois 11ar les trois capitale~ de l'Italie : les deux anciennes et ln prû,entc : Turin, Florence et Rome. En terminant, il ~ snlué tous les pays el tous ceux qui onl collaboré uu succès de l'E:tpo,ition • pour rendre plus belle Ill mnnifcslnlion du lravnil hurnnin .,. M. Nalhan, mnirc de Rome, o égolemenl pris ln parole. Après les discours, les Souverains, suh•is des Princes, cles Princesse.~ el des oulorilés, s.i sont rendus au Ch:ilcau-d'Enu, oil ont eu lieu les préscnlalions. M. Banèrc, en so qualité rie doyen .du ,·orps diplomnliquc, présente les membres de ce corps. niusi c1ue les commissaires des dilîérentes puissances 11 l'Exposilion. Lo préscnllltion commença par ~l. Ocn-Wlf, commissaire gènl:raJ du Gou\'Crncment frnn~nis. Le Hoi s'entretint cordk1lcmcnl :wct cbocun d'eui... Après les prèscntntions, le Roi, la llcine, les Princes, les Princesses el lem· suite se rendent, au milieu tics ncclnmntions clc J:t roule, nu Pnl:ùs royol. Pour 1·é1>0ndrc à l:1 clémonslration imposante qui leur étnil fnile. les Souverains onl dù pa.-nllre plusieurs fois nu bnlcoa. A trois heures. ils rctourncnl nu Pnlnis des Fêles, alin d'entendre la ranlalc inaugurale rompo~éc par lo mnëstro 13olzoni. qui obtint un ,,if succès. L~ Roi retourne ensuite nu Palnis, oit il reçoit, i, cinq heures, le corps dipl01nnliqu~ el le, commissaires olrangcrs.
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