Les Francais A Turin en 1911

LES FRANçAIS auprès d'elle le 1Iinistère des Beaux-Arts & celui des Finances, & elle leur a donné dans sa maison les meilleures places : Sèvres, les Gobelins, Beauvais, l'Administration des Monnaies & Médailles sont ici. Le décor est exquis, & la situation unique. Le Pavillon de la V ille de Paris s'érige au bord du Reuve, encadré de massifs & de pentes Reuries, à l'entrée du pont monumental. Parmi les échafaudages d'alentour & les grands palais blancs, encore vides pour la plupart, il dresse sa ravissante silhouette grise sous le ciel bleu. C'est un� image simple & sobre, une vision de pure beauté classique: un morceau du chateau de Versailles transporté parmi les Reurs, en plein Piémont. C'est demain que s'ouvre l'Exposition, & le Commissaire général a déclaré: «Je veux qu'ici, en tout cas, nous soyons prets.» On le sera. Mais le beau vacarme & l'incroyable speéhcle! Tous les Parisiens venus à Turin pour l'inauguration se sont donné rendez-vous au «Pavillon», & cet encombrement, ce tumulte de fete semblent exciter plutot que gener ceux qui travaillent ! Partout des échelles dressées, des planches qu'on promène, des meubles qu'on place, des colis qu'on ouvre; coups de marteau, grincements de scies, appels d'ouvriers, colloques fìévreux d'architeéèes & de commissaires, dépaquetage de trésors, au milieu des caisses amoncelées. A chaque pas qu'on fait, c'est quelque chose qu'on accroche ou quelqu'un qu'on heurte; on marche dans les papiers, les copeaux & les pots de peinture, & parmi ce tapage, ce pele-mele joyeux de choses & de gens, ce sont des surprises, des renconJres inattendues, de gais bonjours qui s'échangent. M. Emile Bourgeois, l'érudit administrateur de Sèvres, surveille, non sans un peu d'angoisse, l'installation de ses fragiles richesses, PI. XIX.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTUzNDA1OQ==