,. 150 LES FRANçAIS sion & le poids de intéréts engagés, dans toute nos réunions présidaient la courtoi ie & la sincérité les plus absolues; c'_cst ainsi que nous avons fini par nous mieux connahre & nous mieux aimer. Nou avons maintenant les uns .pour !es autre la plus vive & la plus profonde estime; & nos rapporrs se continueront après la cloture de l'Exposition par une étreinte fraternelle que rien ne saura jamais affaiblir. Puis, p:us tard, ce fut le décret du Gouvernemenc de la République, qui, rompant avec le passé, brisant la tradition, vous nommait Commissaire général & vous dorinait non seulement le controle de l'organisation laissée habituellement à une corrimission émanant du Comité français, mais encore la direltion méme de cette organisation. Ce décret faisait de vous, mon cher Commissaire général, permettez-moi cette expression triviale, «le patron» de la Seél:ion française à l'Exposition de Turin. �elle surprise ce décret fut pour les.membreli du Comité français qui composent la vaillante armée de nos exposants à l'étranger ! Cetre surprise dura peu; chacun comprit que le Gouvernement, en agissant ainsi, avait voulu que vous imprimiez à notre Seél:ion française votre caraél:ère propre. Et alors, avec une discipline admirable, faisant preuve d'un patriotisme éclairé, tous se rangèrent derrière vous, imitant en cela ce pauvre malheureux président, votre vieil ami Bellan, qui donnait l'exemple de l'effacement, de l'abnégation & rentrait dans le rang au milieu de ses collègues du Comité français, les industriels qui vous font honneur aujourd'hui. Tous suivirent votre sillage, pleins d'enthousiasme, de joie, de fi.erté méme, car, avec un laboureur tel que vous, la moisson ne pouvait manquer d'étre abondante. Chacun ayant au ca:ur le désir de bien faire, de servir à l'étranger les intéréts économiques de son pays, de faire a:uvre de bon Français, il y eut entre les collaborateurs du Commissaire général & les collaborateurs du président du Comité d'organisation une si étroite alliance, qu'il était bien difficile au plus avisé de savoir si Pralon, si Masure, si Goy, si Delaunay-Belleville, étaient plutot que Tanon, Vinant, Brach & Thénard, les collaborateurs du Commissaire général que ceux du Président. Et, au moment précis où je parle de collaborateur , une silhouette, celle d'un homme sympachique entre tous, se dresse devant moi. Ah! celui-là est bien Gaulois & la race française À TURIN EN 191 r. 1p le disputerait tlprement si l'on tentait de le lui enlever. Il a toute la gaieté & la bonté du gavroche parisien, tour à tour sentimental ou sèeptique, il l'est avec la note juste; c'est le travailleur le plus acharné que j'.aie jamais connu, c'est l'administrateur le plus expert, c'est l'ami le plus _sur & le plus dévoné, en un mot, ce collaborateur précieux, c'est Pellerin de la Touche. Puis vinrent l'inauguration, la visite de Leurs Majestés au Pavillon de la Ville de Paris qui s'est mise en frais pour leur plaire, &, 1;n6n, les réceptions de la Municipalicé que prhde avec tant de distinél:ion mon frère d'armes Rossi auquel m'attachent les liens d'une· affeél:ion sans cesse accrue. MESDAMES, MESSIEURS' Il est un vieux proverbe français : «Di -moi qui tu hantes & je te dirai qui tu es». S'il m'était permis de le plagier en le modifi.ant quelque peu, je me tournerais vers notre cher Commissaire général & je lui ciendrais ce langage : «Dis-moi quelle est ton a:uvre & je te dirai quel est ton caraél:ère». Ne vous rappelais-je pas en effet, il y a quelques instants, comment nous avions compris que le Gouvernement, en lui donnant tous les pouvoirs & toute l'autorité, avait marqué son désir nettemene arreté de voir la Seél:ion française de l'Exposition de Turin prendre la physionomie de celui qui en avait à la fois & la direction & le controle ? Eh bien, il suf!ìrait, pour avoir un portrait res emblant de notre Commissaire général, de pénétrer dans les magnifiques palais de la Seél:ion frJnçaise, qui constituent son a:uvre immédiate, & nous y respirerions une'..acmosphère & nous y vivrions dans une ambiance faice de se propres qualités. Nous trouverions que pour oser une celle chose il faut un grand courage, que pour la mener à bien il fauc de la persévérance, qu'en touce circonstance s'imposent beaucoup de doigré, d'amabilité, de souplesse, disons de diplomacie, & qu'il est réellement un artiste, celui-là qui a su donner un tel charme à une Exposicion essentiellement industrielle dans le principe. Oui, toutes ces qualités sont la caraél:éristique de votre pas é laborieux, mon cher Commissaire général, &, en les brossant sur ma toile de portraitiste, j'obtiens de vous une ressemblance frap-
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