Les Francais A Turin en 1911

106 LES FRANçAIS s'étaient abstenus de para1tre. Le comte Rossi, syndic de Turin, avait ordonné que les Reurs fussent enlevées des tables, & les drapeaux décrochés des murs. Et il y avait quelque chose de gentil, de touchant dans l'empressement silencieux avec lequel on vit les garçons chargés du service faire disparaitre prestement, au fur & à mesure que les plats étaient apportés, les minuscules drapeaux français & italiens dont on les avait piqués, à la cuisine... Et le comte Rossi prit la parole. A demi-voix, sans gestes - en une allocution délicieuse à laquelle M. Charles Legrand sut rép·ondre avec une parfaite justesse de sentiments & de mots - le Syndic de Turin dit son émotion profonde. Ol!,elques applaudissements discrets avaient salué le début de son discours. Il leva la main : «N'applaudissez pas, dit-il, je vous prie. Cette heure de séparation est triste, & nous devons nous séparer tristement.» Le Syndic Rossi est, à l'ordinaire, un orateur abondant, eclatant: & dont la verve entra1ne; il parlait d'une voix toute changée, les yeux pleins de larmes. Nous n'oublierons pas cette fin de fete, dont la tristesse meme eut je ne sais quoi de noble & de doux. Les paroles du Syndic de Turin, & surtout l'accent dont elles furent dites, nous ont fait sentir ce qu'il y eut de faB:ice & de mensonger en certains antagonismes récents, & ce qu'il y a de naturel, de nécessaire, dans l'amitié d'un pays qui ne peut pas ne pas aimer le notre, & que nous ne pouvons pas ne pas aimer. Est-il besoin de dire que l'aménagement sommaire dont on avait du se coni.enter, le 21 mai, fut repris dès le lendemain de la visite ministérielle & modiEé, perPl. XL. e: "' ... o """O <.) ...e: a.. � bO o ... ;::l "'

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