Les Francais A Turin en 1911

94 LES FRANçAIS mieux qualiliés pour fìgurer à Turin, il se trouva que sept d'entre eux étaient de dimensions pareilles, mais que le huitième, Desaix, débordait outrageusement. Il fallut, par respeéè pour l'harmonie générale, sacrilier l'illustre soldat. Un remplaçant, Lassalle, fut désigné. Mais il était dit que l'Italie serait néfaste au mort glorieux de Marengo. Par suite d'un ordre mal transmis, Desaix fut, avec ses collègues qu'il dépassait de la tete, envoyé a Turin. cc Pouvez-vous, demanda-t-on à Piron, le mettre à la dimension des autres»? Piron répondit : ccTenez-vous à ce qu'il soit ressemblant? ...» Le lendemain, Desaix était sur la table d'opération. Deux traits de scie parallèles & de distances variables pratiqués en différents endroits & dans les deux sens permirent, en supprimant l'entre-deux de chaque double trait, de rapprocher toutes les parties du héros; un savant scellement réunit les morceaux, & du grand mort sortit, de proportions normales cette fois, un étre inénarrable qui fìt la joie des assistants, du chirurgien & de ses aides. Le cadre étant prét dans son ensemble, l'éminent DireB:eur du Mobilier national, M. Dumonthier, habitué qu)l était à orner les demeures officielles des chefs d'Etat & des ministres, estima que les rois de France & les ducs de Savoie avaient droit aux égards de son administration. Des réserves du quai d'Orsay il fìt sortir de riches tapisseries, des lustres aux cristaux miroitants, des sièges & des consoles de prix, des bronzes, des biscuits, des porcelaines &, par un raffinement de bonne gdce, il alla personnellement surveiller l'aménagement de la RétrospeB:ive, tenant à honneur, disait-il, de mettre lui-méme c<dans leurs meubles» Mazarin, Bonaparte & ViB:or-Emmanuel. PJ. XXXV. M. Guilbcrt. Le Salon d'honneur.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTUzNDA1OQ==