Livre d'Or Français

LEs RELAIloNS CoMMERCIALES ENTRE LA FRANCE ET rlTAI.IE industries qui sont v6ritablement 6touff6es par la protection. L'exportation des produits completement manufactures n'occupe dams le tableau des exportations italiennes qu'une place secondaire : 475.100.000 lires(I) sur un total de 1.866.900.000 lires. L'industrie des chapeaux, dont le centre est a Monza et Alexandrie, ne repr6sente qu'un total de 23.712.000 lires. Celles du tissage de la soie, des instruments scientifiques, des marbres ne repr6sentent-elles aussi que 88, 9 et 14 millions. On pourrait citer encore bien d'autres exemples semblables. 11 conviendrait de faire r6aliser a l'agriculture les progres dont elle est capable, de multiplier les usines, surtout de diminuer la protection qui 6treint trop durement le pays. L'Italie a fourni un merveilleux effort, qui lui assure d6ia dams le monde une place considerable. Nous avons montr6 au debut de ces pages que de 1871 a 1906 son mouvement commercial, importations et exportations r6unies, avait augment6 de pres de 3 milliards de lires. Ce qu'elle a d6ia su faire est le meilleur garant de son avenir et des efforts qu'elle tentera certainement un iour pour rem6dier a ce qu'il peut y avoir encore en elle, au point de vue 6conomique, de d6fectueux. Sa situation budg6taire, qui est excellente, lui permettra quand elle le voudra de realiser ce que d'autres, moins fortunes ne pourraient faire. La France ne peut que souhaiter voir la situation 6conomique de l'Italie, s'am6liorer constamment. Trop de liens unissent les deux pays pour que l'un et l'autre ne s'int6ressent pas a leur prosp6rit6 et a leur progres mutuels. Nous souhaitons aussi vivement que le commerce italofraneais se d6veloppe sans cesse, car le commerce est le plus sdr << moyen » de la politique. Plus les relations commerciales des deux puissances seront consid6rables, et plus leurs affinit6s diplomatiques seront grandes, plus le travail des chancelleries deviendra facile. Les deux peuples ont, dams l'6tat actuel de l'Europe, besoin de s'entendre : ils doivent, l'un et l'autre peuples latins, s'appuyer l'un sur l'autre, faire bloc contre la pouss6e germanique. Plus les ltaliens et les Franeais seront unis sur le terrain commercial, plus leur entente sur le terrain politique pourra etre resserr6e. Ce n'est donc pas faire ceuvre purement mat6rielle que de s'efforcer de concilier les int6r€ts 6conomiques des deux pays. 11 n'y a pas qu'en Angleterre od le mot de Pitt: «British policy is british trade», soit iuste. Partout, la politique et le commerce sont 6troitement associ6s: celui-ci est auiourd'hui le meilleur facteur de celle-la. ERNEST LEMONON. 170

RkJQdWJsaXNoZXIy MTUzNDA1OQ==