À TU RIN EN I9 I I. 1 29 • succès, cela. Guglielmo Ferrero visita le pavillon fameux, &, après qu'il en fut sorti, il nota, dans le Figaro, les impressions que lui avait laissées cette visite : .... Au dedans, des dames immobile , habillées dans les plus différentes & !es plus ravissantes toilettes, sourient aux visiteurs, enveloppées de lumière éleél:rique, dans un jardin fantastique situé_ sur !es bords d'une mer très bleue. Mais !es femmes ne sont pas seules à courir pour admirer ces chefs-d'reuvre d'un art qui, pour produire des choses éphémères, n'exige pas moins un grand effort d'imagination & de volonté. Les hommes aussi font foule; & parmi !es hommes, ceux qui n'auront jamais l'amère joie d'en payer de semblables... La toilette de la femme est peut-etre le seul domaine de la vie moderne où la préoccupation artistique est encore prédominante. Des personnalités créatrices comme celle de cette femme, intelligente & énergique, peuvent done eocore s'y afE.rmer & intéresser le public. Et devant les chefs-d'reuvre d'un art si délicat, j'ai pensé à la rue de la Paix & à la place Vendome; j'ai revu la sombre colonne de la guerre & .de la t:onqu�te se levant au creur du quartier où travaillent 1� arts, sang du luxe le plus rafE.né du monde : & j' ai fait encore une fois une réflexion, qui me viene souvenc à l'esprit, à Paris.. : Nous ne nous en doutans pas, mais, en véricé, probablement, nous l'avons échappé belle. Pendaoc deux siècles, l'Anglecerre & la France ont lutté pour l'empire de la terre, pour l'empire des mers,. pour !'empire des intelligences, pour l'empire • de la mode. Comme touces l'es luttes dans lesquelles aucun des deux adversaires ne peur anéancir l'aucre, cette lutee s'esc terminée par un partage. Et on•a partagé aussi l'empire de la mode: l'Angleterre habille les hommes; la France, !es femmes. Or, peosez ce qui serait arrivé si l'Angleterre avaic pu écraser la France, s'emparer de tout l'empire de la mode masculine & féminine, faire pénécrer dans la toilette de la femme l'esprit pracique, le sombre puricanisme, la haine des couleurs vives & des formes plastique qu'elle a imposés aux roodes fllasculines. Les femmes considérées comme élégantes porteraieot aujourd'hui des costumes ressemblant à celui dans lequel les v�antes mais en général peu ravissances guerrières de la Salvation amry distribuent dans !es rues de Londres, ou sur !es boulevards de Paris, le Cri de g1erre ! 9 •
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