Les Francais A Turin en 1911

IIO LES FRANçAIS occupe, à hauteur du pont, un «premier étage» que soutient au niveau du B.euve, sur la berge, un rez-dechaussée ouvert à la navigation marchande & aux produits alirnentaires, & que domine un second étage, -­ quelques salles seulement, réservées à l'Enseignement professionnel, aux instruments de précision-, à la chirurgie, à la photographie & aux arts, services, outillages, organisations multiples & d'une si énorme complexité qui concourent à former & à faire vivre la Ville moderne. Affìrmerons-nous que la foule s'y écrase, à ce second étage? non; & c'est tant mieux. Les hommes de métier y sont d'autant plus à l'aise pour travailler, & les impressions qu'ils en rapportent sont excellentes. Dans le domaine de l'enseignement professionnel, ils rendent homrnage au grand effort fourni chez nous par les initiatives privées & à la qualité des résultats réa-· lisés. Grand succès remporté auprès des jurés étrangers par nos exposants du groupe II (Instruments de précision & chirurgie); & succès qui eut pu Ètre un triomphe s'il avait été possible d'ouvrir aux inventeurs de ce groupe - ils furent nombreux & remarqués - des emplacements un peu plus vastes. Ah! il n'était point d'une architeél:ure commode, le palais que nos an1is italiens avaient construit pour nous; ceci soit dit sans rancune... La Photographie exposait là-haut des merveilles; & le groupe de la Ville moderne offrait un speél:acle auquel nous sommes heureusement habitués: celui de la suprématie de l'art architeél:ural français. Ils méritent une revanche, ces exposants «du second», & nous demandons qu'à Gand & à San Francisco on leur tienne compte du ficheux hasard qui les plaça si loin de l'ceil des foules. Mais ne faut-il pas que dans les expositions, camme au thé�tre & dans la vie, les mauÀ TURIN EN 1911 JIJ vaises places aussi soient occupées par «quelqu'un})? Tant pis pour ce quelqu'un-là ... Meilleures étaient celles du rez-de-chaussée. On y accédait aisément; le fl�uve ..y répandait une frateheur accueillante; il y avait un jardin au bord de l'eau, où • pduvaii:. s'attarder la reverie des visiteurs fatig'.1és; il y avait un diorama du port de Marseille &ç un diorama de Suez propres à divertir les passants. Le public est « enfant». Et c'est pourquoi il aime les dioramas, & aussi ces expositions de marine où la splendeur scientifìque & l'énormité des architeél:ures navales d'à présent se réduisent, pour l'amusement des yeux, aux proportions de joujoux merveilleux, de petits bateaux qui semblent avoir eu pour chantier de construél:ion quelque atelier de joaillerie... Le groupe de l'Alimentation, qui faisait suite à celui de la Navigation marchande, offrait à nos curiosités frivoles un speél:acle tout aussi amusant. Chose étrange! La vue d'une bouteille artistement étiquetée & dont la forme est jolie; _de viél:uailles, d'aliments quelconques empaquetés avec gout &, pourrait-on dire, présentés spirituellement, procure à l'homme le ID01'J.S gourmand une sorte de plaisir; & nous excellons en France à créer ce plaisir-là. Un d�s principaux exposants de la classe de biscuiterie nous disait : «L'imprimeur &- le lithographe deviennent pour nous, d'année en année, des collaborateurs plus précieux. Nous leur devons une élégance d'emballage, un luxe de «tapisserie» que nos ' ' ' l' L' d concurrents etrangers n ont pas ega es encore». art e présmter les choses! En mécanique meme, nos concurrents étrangers ne conviennent-ils pas que nous y triomphons? Un des rapporteurs du groupe de l'Alimentation nous faisait remarquer que les maisons étrangères ,.

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