Les Francais A Turin en 1911

102 LES FRANçAIS siècle _ s passés, une égale ma1trise en ce qui concerne l'atl:ivité économtque. Le ministre du Commerce de France ne peut oublier, pour sa pare, tout ce que, autrefois, notre pays a reçu du votre de leçons & d'enseignements par vos industrids, vos commerçants & vos banquiers qui, de près comme de loin, ont été, en quelque sorte, nos initiateurs. Nous ne pouvons méconna1tre ni !es concours, ni les servjces, ni les diretl:ions qui furent donnés à notre pays, au Moyen Age, par !es «m.anieurs d'argent >> de l'Italie dont les établissements étaient nombreux dans toutes nos villes & en particulier dans notre grande cité de Lyon. Nous ne pouvons méconna1tre, non plus, les leçons de science économique qui, à l'époque de la Renaissance, nous furent apportées par vos théoriciens & par vos penseurs, ni !es m.odèles, niles exemples qui furent fournis par vos artisans, vos industriels & «autres gens mécmiques >l comme on disait autrefois, venus plus tard de vos provinces pour aider au développement de nos industries nationales ou pour nous permettre d'implanter !es votres sur notre territoire. L'Icalie contemporaine, d'ailleurs, a eu, depuis plus de quarante ans, son réveil éeonomique comme elle avait eu, précédemment, son «risorgimento» nitional & par le développement qu'elle a donné sous nos yeux à on agriculture, à son industrie, à ses travaux publics, à son commerce, elle a prouvé qu'elle pouvait occuper, dans !es tem.ps moderpes, la piace qu'elle avait tenue jadis dans l'Europe du Moyen Age & se ranger parmi !es grandes nations qui prospèrent par les arts de la paix. Nous s:tvons, Messieurs. qu'à tomes vos préoccupations politiques & morales vous avez toujours lié celle du développement des arts industriels & des disciplines agricoles & nous savons encore que ceux d'entre les votres qui ont été les plus grands parmi les hommes du gouvernement, tel Cavour, avaient débuté dans la vie publique par ces fortes, préoccupations économiques qui sont la marque de l'homme d'Etat moderne. Pour notre pare, nous Français, nous sommes venus dans votre pays avec fierté & avec joie pour la deuxième fois en moins de dix ans, soucieux de con&onter loyalement & fraternellement !es produits de notre effort national, les produits de notre industrie française avec ceux de vorre belle industrie italienne & de toutes les grandes industries du monde. A TURIN EN 1911. 103 Sans oublier nos origines & nos premières leçons & sans rien ignorer de tout ce que nous devons aux autres, nous espérons pouvoir donner raison à éeux de nos industriels & de nos artisans quì pensent qu'ils ont trouvé depuis trois siècles une forme véritablem.ent française, adaptée aux efforts industriels & aux différentes produtl:ions de la ,vie économique. Tout ce que, par le souci du style, de la. forme, le désir de soigner le détail, de perfetl:ionner les procédés primitifs, comme par le génie de l'invention, nous avons réussi à faire, nous prenons plaisir, une fois encore, en Italie comme ailleurs, de le soumettre au jugement impartial de l'opinion étrangère. Pour nous avoir aidés dans cet effort, nous devons une reconnaissance particulière aux organisateurs de votre Exposition auxquels il convient d'unir dans une mème pensée de graticude tous ces ardents pionniers qui, à la tète de notre Comité français, ont été leurs collaborateurs. Sans vouloir les énumérer tous, qu'il me soit permis, au •nom du Gouvemement de la République, de dire à M. Frola, présisident du Comité général, à MM. Tomaso Villa & Bianchi, président & vice-président du Comité exécutif de l'Exposition de Turin, à notre Commissaire général français, M. Stéphane Dervillé, à M. Bellan, reçu hier par la Municipalité de Turin, au double titre. de Président du Conseil municipal de la Ville de Paris & de Président du Comité d'organisation de la Setl:ion française, à M. le Sénateur Dupont, président du Comicé français des Expositions à l'étranger, à tous nos exposants & architetl:es, cornbien nous admirons les heureux résultats obtenus grace à leur atl:ivité, persuadés que tous ceux qui visiteront l'Exposition en emporterom un souvenir durable. Une fois encore, il-faut dire hautement toute la part qui revient dans ces résulta'ts, non seulement aux exposints eux-mèmes, mais encore aux travailleurs modestes & dévoués qui, dans la prépararion de l'Exposition atl:uelle, ont été leurs collaborateurs anonymes ou lointains. Ce spe8:1cle impressionnant qui se déroule sous nos yeux, nous le devons, en effet, à l'effort de toute une immense colletl:ivité qu'il convient d'associer dans l'hommage rendu à l'état-major des organisateurs. Messieurs, en passant les Alpes, nul Français ne peut oublier, & moins encore un représentant du Gouvernement, quelles sont

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