À TURIN EN 1911. 9 qu'on avait formé; cependant fallait-il que le merveilleux décor ffit agrandi à la mesure de l'ceuvre elle-mÉme, des néce sités nouvelles qu'elle comportait, de l'idée mÉme qu'il s'agissait de célébrer. Car la campagne de 1859 ne fut pas seulement un aé1:e de libération politique, il fut le commencement d'un extraordinaire essor économique & socia! de l'Italie. L'Italie, à la veille de devenir Royaume, comptait vingt-cinq millions d'habitants. Elle en compte trentesix millions aujourd'hui; au total, plus de quarante millions de sujets, si l'on ajoute à l'e1feé1:if de se habitants celui des émigrants gdce à qui, chaque année, un peu d'Italie va se mÉler aux Amériques. Turin ne pouvait pas ne pas participer à ce progrès. En cinquante ans sa population a presque doublé. Elle est de quatre cent mille �mes. Ce n'est pas tout. Autour de certe population plus nombreuse, plus laborieuse, plus ambitieuse, plus riche, des nations éuangère allaient Étre invitées a se grouper. En mÉrne ternps qu'elle célébrait le cinquantièrne anniversaire de son avènement à la condition de grande puissance, l'Italie se trouvait clone en préence de devoirs nouveaux à remplir. Elle était, à Turin, une ma:Ìtresse de maison dont le train de vie est devenu plus lourd, dont les obligations mondaines se sont accrues, & à qui ne suffisent plus, pour << recevoir », ses alons d'autrefois. Les réceptions de 1884 & de 1898 s'étaient données sur les trente heé1:ares du pare Valentino. Mais e'était bien de trente heé1:ares qu'il s'agissait à présent ! on en réclarnait plus de cent. Où les trouver? On les trouva a1do11r du Valentino; & ainsi s'est improvisé - pour la surprise & l'enchantement de tous
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