Livre d'Or Français

FLORENCE Cette valeur peut meme, pratiquement, augmenter non seulement par la decouverte ou l'acquisition d'ceuvres inconnues ou dispers6es. Mais aussi par le renouvellement de la critique. On voit disparaitre certains faux iugements a la mode, n6s d'une excessive importance donn6e a des traits particuliers. Par exemple, le pr6iug6 pr6rapha6lique a v6cu. On s'est apereu que cette « morbidezza », oh l'on voyait du mysticisme et aussi de la perversit6, et dont on avait voulu faire le trait essentiel de la peinture florentine du Xve siecle, n'6tait qu'une << maniere », un accident, et que Ghirlandaio et Botticelli lui meme ont 6t6 avant tout des r6alistes, et des classiques autant qu'ils pouvaient l'6tre, - et qu'ils 6taient aussi principalement des geometres, passionn6s des regles de la perspective nouvelIement d6couverfes. Et un peu clans tout l'art florentin pr6rapha6Iique, sous la grace parfaite, on apprend auiourd'hui a voir la technique raffin6e... 11 y aurait, pour les Frangais en particulier, un moyen d'enrichir leur comprehension, Ieur sensation de la Renaissance florentine. Ce serait de savoir l'italien et d'avoir lu les 6crivains de cette 6poque, ou au moins d'avoir de cette litt6rature et du mouvement intellectuel d'alors, en g6n6ral, des notions assez completes et claires. Les AIIemands ont la dessus de beaux livres synth6tiques, devenus populaires, mais le public frangais ne salt presque rien de ces choses la. Tel reconnait a premiere vue la maniere d'un Baldovinetti ou d'un Piero di Cosimo, et n'a iamais lu une ligne de L6on Battista Alberti ou de Politien. Et il croit connattre les tableaux et les statues qu'il admire, quand il ignore le fonds d'idees et d'6motions dont elles sont n6es. Le iour oh la civilisation, ou, comme disent les AIIemands, Ia cttJ£"re de la Renaissance florentine fera partie, clans ses grandes lignes, des connaissances de toute personne cultiv6e, - alors seulement les monuments et les mus6es de Florence auront pour nous tout leur sens et toute leur utilit6. # ## La Florence d'auiourd'hui a, d'ailleurs conserve, ou ressuscite quelque chose de sa forte activit6 intellectuelle de iadis. C'est une des villes les plus studieuses d'Italie, et cela marque fortement sa physionomie. Du centre au nord-est de la ville, des Offices et de S. Trinita, a la place Cavour et a la place d'Azeglio, s'etend une zone qui comprend presque tous les 6tablissements scolaires, scientifiques, Iitt6raires : Bibliotheque Nationale, Marucellienne, Laurentienne, Riccardienne ; Facult6s de M6decine, des Sciences, des Lettres et d6pendances; Iyc6es Galilee et Michelange; Ecole des Sciences Sociales; Ecole des Beaux-Arts; Conservatoire de musique; Institut de g6ographie militaire; Ecole Normale de garcons; Ecole Normale Sup6rieure des Jeunes filles; Acad6mie de la Crusca; Soci6te Dantesque; Soci6t6 artistique et litt6raire Leonard de Vinci. L'Institut AIIemand est sur les viali; l'Institut Francais est en plein quartier inter25

RkJQdWJsaXNoZXIy MTUzNDA1OQ==