FLORENCE ont cr66, au Xve siecle, l'architecture de campagne la plus parfaite peut etre qui ait iamais 6te, parce que la plus finement 616gante en m6me temps que la plus simple et vigoureuse, sans affectation de luxe bourgeois ni h6rissements f6odaux en parfaite harmonie avec la vie ample, claire et tranquille des champs. Qu'on n'oublie pas que les splendeurs parfois un peu lourdes et sombres du palais Riccardi ou du palais Pitti avaient pour contre-partie les pures d6lices de Careggi ou de Poggio a Caiano : les unes font mieux comprendre les autres. Pour les nobles Florentins de la Renaissance ces retraites, on le sait, 6taient aussi des lieux de meditation et d'6tude, od furent tent6s quelques uns des plus beaux efforts de l'esprit. Auiourd'hui plusieurs de ces m6mes demeures sont encore habit6es par de nobles intelligences, artistes, 6crivains, savants, ou m6ditants silencieux, issus du sol italien ou venus de toutes les parties du monde; ils peuvent la, a leur facon de modernes, retrouver le moment de la pens6e humaine, od la nature et l'art, l'analyse int6rieure et la vie sociale ont 6t6 peut-etre, apres l'antiquit6 grecque, Ie plus fortement r6unis. La peinture aussi est a Florence pleine de la vie des champs et des bois. La litt6rature rustique greco-latine a trouv6, en les humanistes italiens qui l'ont exhumee et imit6e, des gens qui connaissaient la campagne et l'aimaient. Et les artistes florentins de la Renaissance, apres les lettr6s, ont alli6 a leur gotit pour les lignes g6om6triques et a leur culte pour la figure humaine, une vive tendresse pour les formes onduleuses des coteaux, l'6clat et la douceur des ciels, l'ombre des sous bois, l'6paisseur des herbages fleuris, les scenes anim6es du travail des champs ou de la chasse. Cela est pour eux bien autre chose qu'un fond de toile. Qu'on regarde un tableau de Lorenzo di Credi ou plus tard une fresque du Sodoma : la grace humaine, la grace des arcs et des colonnes, la grace du paysage ont part 6gale dams leur beaut6. Dans les temps modernes, des peintres ont essay6 de rendre la valeur si delicate, si difficilement saisissable de la nature de ce pays. 11 y a eu de bons paysagistes toscans depuis un siecle. 11 y a place encore pour d'autres. Non, Florence n'est pas la ville de pierre et de marbre que croit voir le voyageur d6barqu6 brusquement au centre, sur les dalles grises, dams les rues 6troites et les places a peine plus larges, entre les monuments presses. Sans parler des iardins d6licieux d'alentour, c'est ce centre m6me que p6n6trait et p6netre encore la douce et forte campagne. Dans les coins de beaucoup de ces sombres palais, il y a des arbres centenaires et des fleurs; et clans les musses meme souffle l'air vif et parfum6 qui, depuis des siecles, vient tour a tour des Apennins et de la mer. Aux Offices, au bout du bras le plus court qui relic les deux longues galeries, il y a une large fenetre qui domine le fleuve et la campagne au dela de la ville; cette fenetre est souvent ouverte aux beaux iours; il taut s'y arreter, et sentir apres cela que les chefs 20
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