FLORENCE monotone d'un pass6, comme a Sienne, a P6rouse, a Viterbe... C'est cela que vous cherchiez? Mais a Florence trop de choses, d6sormais. a tout moment vous rappellent a la r6alit6 d'auiourd'hui : r6veill6 par le grincement des tramways ou les coups de trompes des automobiles, 6gar6 dams quelque quartier neuf od votre reve se dissout, agac6 qu'on ait change d'auteur votre tableau favori, vous protestez, esthete malavis6... En r6alit6, l'espece d'hallucination quasi-mystique oh Florence plongeait mos pares aura bient6t fait son temps; on ne se la procure plus qu'au prix de grands efforts et de facheux renoncements. 11 y a des entet6s qui louent une villa aux environs, et ne descendent presque iamais a ]a ville, contents de regarder de loin, surgissant de la masse confuse des toits, le profil 6norme de la Coupole, Ies dentelures du Palais vieux, l'aiourage du Campanile... C'est une solution; elle n'est pas a la port6e du voyageuF ordinaire. Et Florence ne perdra pas a etre vue toute entiere, dams toute sa vie. # -** Une partie de la vie humaine actuelle de Florence est rest6e d'ailleurs pareille depuis de longs siecles. Florence est encore le cceur d'une contr6e agricole. Les grands propri6taires fonciers y ont les palais qu'ont batis leurs pares au Xve et au Xvle siecles : les paysans, leurs fermiers, viennent a la ville pour les ventes, les achats, les contrats. La foule des gens de campagne qui envahit le centre le vendredi, est le signe le plus apparent des relations 6troites de Florence avec les champs; mais il en est encore d'autres. Les absences de l'aristocratie, qui va s6iourner, moins longtemps clans les villes d'eaux ou dams les hotels de montagne, que dams ses terres voisines, Iaissant closes, durant des mois, les fen6tres des vieux palais, - mais ouverts, toute l'ann6e, Ies petits guichets pour la vente au public de son vim et de son huile. La survivance d'une Acad6mie : les G6orgophiles, dont les travaux sont depuis le XVIIIe siecle consacr6s aux questions d'6conomie rurale. Les 6conomistes toscans de ce temps la avaient une renomm6e europ6enne ; mais le mariage de Florence avec la campagne toscane remonte plus haut, iusqu'au moyen-age, et il a fait, tout autant que l'industrie et la banque, la puissance de la Cite du Lys. Des les origines, l'incessante ambition des habitants de la « premiere enceinte >> (au temps od Florence 6tait comprise a peu pres entre la via Tornabuoni et la via del Proconsolo, - le Baptistere et le Ponte Vecchio) a 6t6 Ia conquete de ce pays au sol fertile et diversement expose, au climat temp6r6, qui va du Casentino a la mer. Et inversement, des le XIIIe siecle commence l'immigration des grandes familles campagnardes, qui bient6t effacent, par leurs richesses, les anciens nobles, et influent fortement sur les destins de la cite. Florence leur doit aussi une partie de son art. Ces grands propri6taires 19
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