#* L est peu d'6trangers qui, revenant auiourd'hui a Florence apresunlongintervalle,nelatrouventfortchang6e.Presque tous en murmurent, car il est de bon go fit de ne pas admettre qu'une « ville d'art >> d6range d'une ligne son aspect s6culaire. Une ville d'art, pour nos amateurs cosmopolites, doit 6tre a peu pres une ville morte. Ils feraient mieux de se r6signer a ce que Florence vive et grandisse, et meme a la regarder faire, voire a l'y aider. Peut-€tre y aurait-il plut6t quelque chose a modifier dams le trace des grandes voies - anciennes aussi et battues et rebattues, voies de la sensation, de la r6flexion, de l'imagination, que suit, docile et sincere, le grand flot perp6tuel des 6trangers a Florence. C'est une erreur, encore trop commune, de croire qu'on touche et qu'on volt des obiets a iamais immobiles clans leur beaut6 d'autrefois. Edifices, sculptures, peintures se patinent, prennent des tons plus beaux ou au contraire, h6las, meurent v6ritablement. On les change de place, ou surtout, Ieur voisinage change et, par suite, leurs valeurs ne sont plus les m6mes. Les progres de la science historique viennent aiouter des interpretations nouvelles, bouleverser les anciennes, et les ceuvres que nous croyions connaitre nous apparaissent, tout d'un coup, inspir6es d'une autre pens6e ou d'une autre grace. Cela peut etre dit de toutes les grandes villes historiques, qui sont encore des villes vivantes. Mais une distinction arbitraire entre le pass6 et le present doit etre 6vit6e, plus que partout ailleurs, peut-etre, a Florence, dont la valeur esth6tique est faite d'616ments si proches les uns des autres et si etroitement lies : si vous en retirez la vie pr6sente et tous les germes sensibles de l'avenir, si vous st6r6otypez votre sensation de Florence, - comme vous n'y avez pas non plus l'animation que produisent l'extr6me vari6t6 historique, les caprices, les volte-faces artistiques de Ro.me, par exemble, - il vous reste... un reve, Ia vision puissante mais 18
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