ROME se vont piquer d'6mulation. Ce « mons Vaticanus », ce << mont des Oracles » devient mont des Miracles et sommet de l'Art. Alexandre VI (que de m6faits nous pardonnerons encore a Rodrigue Borgia pour ce geste!) retiendra le Pinturicchio et l'installera dams les appartements Borgia, et voici tout un nouveau monde de beaut6 issu du pinceau de ce Bernardino Betti. Jules 11, a son tour, digne neveu de Sixte IV, essaiera de capter Michel-Ange Buonarotti, le tenant prisonnier, attach6 au plafond de la Sixtine oh tout un monde formidable va naltre. Cependant, le m6me Jules 11, ialoux des Borgia, voudra que des << Chambres » bien a lui fussent, pour lui, d6cor6es de main de maitre. Apres y avoir mis, avec le Pinturicchio, le P6rugin et Signorelli, le Sodoma, Suardi, Lotto, ;I les cong6diera tous quand, en novembre 1508, il aura, sur ses murs, apercu la premiere esquisse qu'un tout ieune peintre, nouveau venu, vient d'6baucher : Raphael Sanzio. La souveraine beaut6, ce iour la, sera d6finitivement rentr6e dams Rome. L6on X, des M6dicis de Florence s'inclinera devant elle; il donnera a Raphael rang de prince; Rome od, d'autre part, se donnent rendez-vous humanistes, poetes, historiens, savants, devient, sous ce pontificat, la capitale de l'Art. Des siecles passeront sur la Cite : on la pourra d6naturer encore et encore bouleverser; des pontifes, des empereurs, des rois y r6gneront; les regimes s'y succ6deront; mais, une fois de plus, Rome s'est revetue d'une nouvelle seduction. Dans ces quelques metres carr6s, le Palais du Vatican, la Beaut6 souveraine est derechef install6e : de la chapelle de Nicolas V a la Sixtine, des appartements Borgia aux chambres de Jules 11 et de L6on X, de telles visions sont, pour des siecles, fix6es aux murs et aux plafonds, que ce tout petit coin du monde vaut un monde. Des artistes y passent auiourd'hui leurs iourn6es, des p6lerins de l'Art y courent, les plus obtus des visiteurs restent saisis devant ces incomparables spectacles od se disputent la grace et la vigueur, la suavit6 et la grandeur, l'art et la vie, od 6clate le genie humain a son apogee. # tt# Que, par la suite, les patriciens, les cardinaux aient bati 6glises sur 6glises, palais sur palais, ce n'est pas touiours grande fortune pour Rome, puisque chaque batiment se construit en faisant une ruine. J'ai habit6 deux ans le Palais Farnese; la demeure bient6t quatre fois s6culaire, 6lev6e par Sangallo le ieune et Michel Ange, reste a mes yeux une sorte de foyer od me rapportent sans cesse de charmants souvenirs et de cordiales pens6es; ie l'admire autant que ie l'aime : tout de meme, ie ne peux penser sans tristesse que le palais du Pape Farnese est bati des briques du Colis6e et du theatre de Marcellus, tandis que son poutrage est, si i'en crois une hypothese de son ing6nieux historien, Ferdinand de Navenne, la d6pouille de l'antique basilique St-Pierre. Visitons le resplendis14
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