ROME L| d6mence de grandeur, 6rig6 tel tombeau, que ce Mausol6e d'Adrien forme encore, on le sait, la base du massif Chateau St-Ange. L'Ange domine auiourd'hui le Mausol6e, tandis que les <<triomphes » de Traian viennent - nouveau trait a noter - aboutir en haut de la colonne de bronze, a l'exaltation de l'Ap6tre Pierre, le P6cheur de Palestine. Ces trois siecles durant, Rome s'6tait couverfe de monuments grandioses, palais, temples, basiliques, tombeaux, bibliotheques, 6coles, thermes, theatres, colonnades, pyramides, ob6lisques et colonnes triomphales. Titus, Caracalla, Diocl6tien avaient 16gu6 au peuple Romain leur Thermes; avant de quitter Rome, Constantin y avait 6rig6 la Basilique dont les votites font face, -. pour combien de siecles? - aux palais 6croul6s du Palatin. Partout des statues paraient les facades, les escaliers, les terrasses; les quadriges de bronze dominaient les Arcs et les frontons, tel celui qui, auiourd'hui immobilise au dessus de St-Mare de Venise, a 6t6 primitivement l'ornement de 1'arc de N6ron, puis de celui de Traian, avant que de suivre Constantin a Byzance, Dandolo sur les Lagunes, Napoleon a Paris od quelques ann6es, il domina l'arc du Carrousel. Ah! oui! que cette Rome devait etre belle, lorsque Constantin transporta a Byzance le siege de l'Empire. i6 %* 11 livrait la place a <<l'Ennemi» ainsi que se ftit exprim6 son neveu Julien. Une nouvelle puissance s'emparait de Rome, en d6pit des d6crets imp6riaux et des lois de proscription : le Christianisme. Constantin comprit que c'6tait trop de deux maltres pour cette ville; ce n'6tait pas pour Rome un vrai maltre; sa ialousie ne se traduisit que par l'abandon : il alla asseoir ailleurs son tr6ne et c6da la place. Le Christianisme, d6ia, peuplait Rome de. ses 6glises; les temples subsistaient, mais la pouss6e d'abord lente, puis plus forte, bient6t irresistible, de la nouvelle foi les falsait myst6rieusement craquer et se 16zarder. Ceci tuait cela. Les Barbares vinrent. Goths et Vandales se ieterent sur la ville, pillant, razziant, d6truisant. Mais tels 6taient les tr6sors de cette cite unique que, malgr6 tous les pillages, Theodoric, maftre de la ville, vit (Genseric cependant avait pass6 par la avec ses Vandales) << des chevaux de statues 6questres formant un veritable troupeau`» et « un peuple de statues de marbre ». De nouvelles invasions ieterent bas encore d'autres monuments. Et quand l'invasion se fat retir6e, Rome 6tait ionch6e de 'd6bris au milieu desquels les temples 6ventr6s, les basiliques 6branl6es, les arcs mutil6s se dressaient. Alors les chr6tiens s'emparerent des colonnes, des statues, des temples m6me. Ces temples, beaucoup fournirent aux 6glises leurs murs ou ce qu'il en restait, parfois 11
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