ROME les Catacombes, les basiliques dites Constantiniennes. Ce sont 6glises tres basses, ces salles, rectangulaires, tres modestes de style, od l'on entendait avant tout apercevoir l'autel du sacrifice et la chaire de v6rit6. Mais libre bient6t de se d6velopper, 6touffant maintenant les plantes voisines, s'engraissant de l'humus que la ruine du paganisme r6pandait autour d'elle, la plante triomphante allait s'6lancer plus haut. De ces humbles 6glises, sorties timidement de ce sol od elles restent tapies, on fera des temples superbes oh le luxe symbolise le triomphe, oti le marbre se prodigue, od l'or rutile. Le Saint Pierre du Xvle siecle marque le prodigieux essor de la religion issue du sol obscurement travaill6. Le visiteur que guident ces pens6es, trouve une saveur 6trange a la visite des Catacombes. Une ann6e, i'y descendis le tour de Sainte C6cile : des pretres et leurs fideles y chantaient la messe dams une des cryptes. De loin, on entendait vaguement les paroles du Chedo .. parfois le chant, au detour d'une galerie, semblait s'6teindre, parfois il semblait r6sonner comme une triomphante fanfare. Le moins religieux des visiteurs s'arrete, 6treint d'une emotion 6trange. 11 evoque facilement les fideles, tres petites gens que ne tourmentaient pas les problemes th6ologiques, et leurs tres simples pr6tres a qui le droit canon 6tait certes inconnu. Ils 6taient tous v€tus de la m6me laine grossiere. Ces humbles partirent de ces caves pour coriqu6rir, plus sdrement et plus loin que les Sylla, les Pomp6e, Ies C6sar, le Monde a la Rome nouvelle. i+ ## Du Forum et des Catacombes, Rome s'est done 6lanc6e deux fois pour porter aux confins du monde ce mom prestigieux. Mais dams la ville meme, les deux conqu6rants, deux siecles durant, s'affronterent : le C6sarisme pa.I.en et le Christianisme s6ditieux. Ce fut la premiere bataille qui sema Rome de ruines. Elle devait 6tre vraiment magnifique, cette Rome imp6riale a la veille de sa ruine. Car chaque C6sar, mfi par le d6sir d'effacer ses pr6d6cesseurs et de faire agr6er sa tyrannie, y avait laiss6 une trace splendide. Auguste, le premier, y avait signal6 par des prodigalit6s de marbre et de bronze un pouvoir supreme qui avait encore a se faire pardonner et accepter. Ponfz./ex A4orz.mLzs, tel est le titre auquel, entre vingt autres, Ie neveu de C6sar montra sa predilection. Par un revirement paradoxal, cet adolescent vicieux et sceptique, le ieune Octave, port6 au rang supreme par le destin, s'6tait fait le restaurateur des mceurs et du culte. Ne nous 6tonnons point de cet avatar : en politique, nous le savons tous, les pr6c6dents ne comptent pas.
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