TURIN mere coiffant le mioche, les amis assis autour d'une fiasque, les tendresses et les disputes. Sous un rideau, que la brise souleve parfois, on dort sur le balcon. D'une fenetre a l'autre, on converse, comme si la ville n'etait qu'une seule grande maison. Quand il fait trop chaud clans l'echoppe, le soir le barbier a la lueur d'une chandelle rase le client installe sur la chaussee. Car il n'est nulle part de trottoir. Et pourtant ces gens souples et vifs se font moins ecraser par fiacres et autos que les Parisiens .... LL. MM. ]e roi et la reine d'Ita]ie iiiaugurent ]'Exposition de Turin. Peuple de po§tes, qui a conserve le goat et qui sait l'art de la flanerie. Ah non, ils ne font pas de «footing!» Ils errent par groupes, doux, nonchalants, tres polis, extremement bavards sans iamais une criaillerie. Ils iouissent, avec civilite, de leur aimable ville et de leur ciel incomparable. L'Exposition, de meme, apparaissait avant tout aux Turinois comme le paradis des flaneurs. Rien n'etait venu gater l'ordonnance des all6es, conduisant, en pente douce, au long de pelouses riches, de bosquets, d'6tangs, de fontaines, du P6, depuis l'entree principale iusqu'a l'extl-6mite du Pilonetto. Ni palais, ni boutiques, et pas plus les attractions les plus americaines que les caf6s-concerts les plus tyroliens, ne gataient l'impression d'un grand et beau iardin digne de nos nonchalances sous la touffeur des soirs bleus aux etoiles innombrables. Turin, ai-je entendu dire, bouda un peu au proiet d'une Exposition, qui ne pouvait manquer de charger le budget municipal, mais ne cacha point son enthousiasme pour les realisations dont s'enorgueillissaient, a iuste titre, les organisateurs. Cette promenade, par la grande all6e, toutes les promenades possibles, d'un pavillon a l'autre, sur l'une comme sur l'autre rive du P6, nous les referons, avec nos lecteurs, avant que de terminer le present article. Pour passer en revue, d'une fagon 49
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