Livre d'Or Français

EXPOSITIONS ANTERIEURES cooperation amicale de tous les peuples pour se prouver mutuellement, clans un endroit donne, les progres realises par chacun d'entre eux. 11 n'en rut pas touiours ainsi. Apres la toute premiere exposition industrielle, qui eut lieu a Prague, en 1791, Franeois de Neufchateau, ministre de l'interieur du Directoire, Cut l'idee de creer « une exposition publique annuelle des produits de l'industrie francaise ». Mais quel 6tait le but de ce ministre, si extraordinairement 6pris de nouveaut6 et de bien public? Exciter l'emulation des industriels franeais « afin de porter le coup le plus funeste a l'industrie anglaise »! Comme nous voila loin des excellentes I raternisations de la Franco-British Exhibition et de la concorde admirable qui ne cessa de regner, pour le plus grand profit de tous et de chacun, a Turin et a Rome! Cette premiere exposition frangaise, qui eut lieu au Champ-de-Mars, pendant les iours compl6mentaires de l'an Vl, ne r6unit que 110 exposants et l'on n'y d6cerna pas plus de 23 recompenses. Bonaparte ouvrit la seconde exposition francaise, en l'an IX, dams la cour du Louvre. Cette fois, 229 exposants. Mais l'ann6e suivante, au m6me endroit, on en compta 540. Neanmoins, les deux expositions, de 1801 et 1802, ne r6ussirent qu'imparfaitement, le public ne s'y interessa guere, et l'idee d'une exposition annuelle tut abandonnee par le Gouvernement. En 1806, nouvelle exposition industrielle, organisee par Napoleon, sur l'Esplanade des Invalides : 1422 exposants. Sous la Restauration, trois expositions, toutes clans la cour du Louvre : 1819, 1823, 1827. Cette derniere fut brillante : la grande industrie commeneait a se developper, grace aux perfectionnements de la machine a vapeur, dont certains constructeurs exposerent de magnifiques specimens. Deux expositions sous Louis-Philippe. Le grand commerce et la grande industrie finissaient par comprendre l'importance, l'utilite, qui n'6tait pas seulement d'emulation, de cette prise de contact direct avec foHs les acheteurs possibles. Le temps n'etait plus od le producteur pouvait paisiblement attendre le consommateur derriere son comptoir ou clans le bureau de son usine. `11 convenait d'aller au client, de lui reveler les inventions nouvelles, de lui en demontrer le caractere pratique et de prouver en meme temps qu'on n'avait peur d'aucune concurrence. Et d6ia peut-on dire, la France, et le monde, etaient mars pour les expositions internationales, que l'on allait d'ailleurs realiser aussit6t que les circonstances politiques le permettraient. Apres avoir admis le principe de l'exposition de tous les produits, ou universelle, on arrivait a la conception de l'exposition de toutes les nations. La paix et le succes allaient amener les organisateurs a se montrer plus lib6raux. 1834 et 1839 avaient r6uni, respectivement, l'une sur la place de la Concorde, l'autre aux Champs-Elysees, 2.477 et 3.281 industriels. L'Exposition de 1849 (Deuxieme Republique) compta 4532 exposants. Elle resta ouverte durant six mois, alors que le maximum de dur6e atteint precedemment n'avait 6te que de soixante iours. L'Angleterre eut l'honneur d'inaugurer, en 1851, la premiere exposition a la fois universelle et internationale. Organisee par la Societe Royale des Arts, des Manufactures et du Commerce, a Hyde Park, dams le Palais de Cristal, edifie pour la circonstance, elle compta 73.150 metres cal.res occupes par des constructions, 17.000 exposants, 6 millions de visiteurs et la compagnie concessionnaire fit plus de 5 millions de benefice. L'exemple etait donne. L'Etat franeais installa une exposition analogue, en 1855, au palais de l'Industrie, clans les Champs-Elysees, et vit pres de 24.000 exposants repondre a son appel. Mais il n'y eut que 5 millions de visiteurs et l'Etat dut supporter un deficit qui s'eleva a plus de 8 millions. 43

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