TUR[N. HIST0IRE ET ART les monuments royaux qu'ils avaient 6lev6s. Leurs 6leves suivirent leur exemple : l'ancien college des J6suites, auiourd'hui le mus6e, par Guarini, ]'H6tel de ville par Charles-Emmanuel Lanfranchi, le Carmine par Juvara, le palais Paesana par Planteri, la Consolata par Guarini et Juvara, l'Universite par Ricca, San Lorenzo par Guarini, Santa Christina par Juvara, Sam Filippo par Juvara, le palais Sam Marzano, d'autres encore od nous pouvons facilement confirmer mos id6es les plus indulgentes comme les plus s6veres, selon ]es temperaments, sur l'art du XVIIIme siecle italien. Les s6veres ont beau ieu, on le sait, et il est inutile de r6p6ter encore pourquoi et comment le baroque va a l'encontre du bon sens avec ses colonnes qui ne portent rien, ses pinacles d6mesur6s, ses coquilles 6perdues, ses d6cors surcharges, en g6n6ral tout son fatras. Les indulgentes, en des villes comme Turin, ou Modene, ou Lecce, peuvent aussi donner de bonnes raisons : la principale est qu'un art, s'il tire sa valeur d'abord de la raison, en tire une particuliere aussi de sa continuit6 et de son ensemble. Le baroque nous r6pugne parce qu'il est manifestement trop d6clamatoire, touiours ` inutile, touiours a contre-sens, et surtout par les comparaisons que l'on peut faire. Mais lorsqu'il occupe, comme a Turin, a peu pres toute la place, il devient moins choquant. Lorsqu'il est seul, il triomphe ais6ment, et sans trop de d6plaisir pour nous. Ainsi alla Turin iusqu'a Charles-Albert qui dota la capitale de deux r admirables musses, suffisants a eux seuls pour retenir pendant plusieurs --ar tours le voyageur. L'un est l'Armeria, l'autre la Pinacotheque. Patiemment, inlassablement, Charles-Albert ramassa partout od elles 6taient dispers6es chateaux, palais, 6glises, les ceuvres d'art et les armures, les dessins e€ les sculptures de tous les temps et de tous les pays. 11 n'existe nulle part d'Armeria comparable a celle de Turin. On peut y passer des heures a s'6blouir de ce que l'art de la ciselure et du damasquinage a produit de plus magnifique. Quant au mus6e, les antiquit6s 6gyptiennes y figurent en bon rang, et les salles de peinture offrent des exemplaires marquants de tous les grands peintres de I'Italie, voire m6me du monde. La seulement peut s'6tudier, d'abord, cette petite 6cole, ou mieux cette phalange pi6montaise compos6e de Spanzotti, de Macrino d'Alba et des deux Ferrari. La Toscane y est repr6sent6e par Botticelli, Lorenzo di Credi, Pollaiolo ; Venise, par Bellini, Titien, Borgognone; Bologne par Francia; les autres 6coles du XV||me et du XVIIIme siecles y sont aussi bien repr6sent6es. La France y figure avec Mine Vig6e-Lebrun, Poussin, Mignard. Les Flandres avec Memling, Roger van der Weyden, Teniers, Rubens, Van Dyck. Plus de six cents toiles enfin, excellentes la plupart, caract6ristiques de leurs auteurs et de leur 6cole. Et c'est iustice, double justice, que tr6ne parmi elles l'admirable portrait de Charles-Albert par Horace Vernet. J'aurais voulu vous conduire encore a travers la ville, vous montrer quelques uns de ces monuments comm6moratifs, tel que celui d'Emmanuel38
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