TURIN. HISTOIRE ET ART Lorsque nous aurons cite Ie peintre Macrino d'Alba dont le tableau du mus6e s'inspire des V6nitiens, nous pourrons alors arriver a ce qui fait I'int6r6tprincipaldeTurin,al'artduXVIIImesiecle.Noussommesaumoment oh, grace a Madame Royale, la fille d'Henri IV, a son fils et a son petit-fils, Ie Duche de Savoie cherche a devenir royaume et le devient. 11 s'agit donc de poss6der.un logis conforme au rang. Et Madame Royale, en 1718, de donner au vieux chateau construit au Moyen Age devant la porte romaine une autre facade, adoss6e a la premiere. C'est le Palais Madame, tel que nous le voyons encore auiourd'hui. 11 n'est pas un visiteur de Turin qui ne se soit arr6te surpris, au d6bouch6 de la via Roma, sur la place du chateau. Le lieu est noblement concu. Des maisons a arcades bordent la place d'un c6t6. Au fond le palais royal, ferin6 d'une grille, monument sobre et 616gant datant de 1646, mais consid6rablement augments depuis. 11 est de style lombard, en brique. A gauche domine de son toit pointu, Ie dome, genre indien, de la chapelle du Saint Suaire 6difi6e en 1694, par Guarino Guarini. A droite enfin, Ie Palais Madame, si curieux par les contrastes de ses deux aspects par les tours medi6vales flanquant la fagade baroque, mais d'un baroque que Versailles retient encore. L'ensemble ne manque pas de grandeur; Ie detail est ri,che d'int6ret. L'architecte du Palais Madame rut Juvara. 11 6tait de Messine. 11 ne semble pas se souvenir de sa patrie, mais bien exclusivement de l'art franeais. Son fameux escalier, si louable, n'est guere que la r6p6tition du grand escalier du Grand Roi. Seul, Ie vestibule pourrait se r6clamer d'originalit6, si la profusion des coquilles, des vofites trop courtes et des colonnes trop rpinces ne r6clamaient pas, avant tout, un peu d'indulgence. Guairini, qui avait pour Juvara une admiration sans 6gale, s'inspira clans ses ceuvres plut6t de cet atrium que de la facade. D'abord au palais Carignan od il plia la brique aux tirebouchons du baroque, ensuite a la chapelle du Saint Suaire qui est son ceuvre la plus marquante. La coupole ne s'en peut defendre. On aimerait assez, du moins, I'int6rieur tout en marbrenoiraveccolonnesachapiteauxdebronzedor6.L'effetest6clatant; Ia lumiere qui tombe de la coupole est absorb6e par le marbre et refl6t6e par l'or d'une maniere heureuse. Au centre, Ia chasse colossale, couronn6e d'une gloire, clans laquelle repose la pr6cieuse relique due a la sainte pi6t6 de Joseph D'Arimathie. Comment vint-elle la? S'enfuyant de Jerusalem, chass6sparSaladin,Iescrois6semporterentlesuairesacr6aChypre,puisen FranceohiltombeenlapossessionduseigneurdeCharny,enChampagne. En 1452, Marguerite de Charny le donne au duc de Savoie, alors r6sidant a Chamb6ry. Et ce tut Emmanuel-Philibert qui l'apporta avec lui, et le d6posa au D6me de Turin ou il resta iusqu'a la construction de la chapelle. Le Dam.e de Turin ne peut, d'ailleurs, s'en dire d6poss6d6, la chapelle coTmunlquant avec lui. Juvara et Guarini r6p6terent clans toute la ville 37
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