Livre d'Or Français

r= TURIN, HISTOIRE ET ART En six ans, l'ceuvre 6tait achev6e : 1498. L'architecte etait-il mediocre, ou les fonds legers? Touiours est-il que l'ceuvre est assez terne : elle est correcte, mais elle ne suscite aucun sentiment exalt6. La faeade est d'ordre grec, a corniches et pilastres bien profiles, dissimulant habilement la ionction des trois nets par ces volutes dont le baroque va tant abuser, d'une sobri6t6 enfin m6ritoire. Quant a l'int6rieur, les d6cors baroques en ont d6truit l'harmonie. En revanche, des monuments funebres viennent, clans ce D6me, donner a Turin sa part de grand art, par les tombeaux des Romagnano, de Jeanne d'Orli6, et surtout celui de Claude Seyssel, mais pour lequel on eut recours a Sam Michele, la gloire de V6ronei comme on sait. La peinture en revanche, est plus locale. Elle semble avoir eu pour chef d'6cole Martino Spanzotti, mort en 1528, et qui compte deux 6leves glorieux. Le premier purement pi6montais, 1'autre plus 6mancip6, Defendente Ferrari, et Antonio Bazzi, c6lebre clans l'univers sous le mom de Sodoma. De Spanzotti et de Defendente, on voit a Turin des ceuvres remarquables. Au mus6e, a San Domenico, au D6me enfin, fresques et tableaux peuvent ndus donner une id6e suffisante de la valeur de ces pr6curseurs, C'est en vain que nous chercherions, cependant, quelque chose de frappant, de personnel qu'on ne trouverait que chez eux. La fresque de Spanzotti a San Domenico ne manque pas de vigueur ni d'6motion : ce ne sont point la qualit6s exclusivement pi6montaises. Quant a Defendente. il oscilla perp6tuellement entre l'art d'outremonts et celui d'Italie. Voyez au D6me la fl4adone enfozzre'e de sclz.nfs, et voyez au mus6e cette autre ul4czdone enfoczre'e de saints. La premiere se meut clans des architectures de l'ogival le plus fleuri, la seconde dams le plus pur decor renaissance. Les personnages de la seconde sont plus souples, plus spirituels aussi, tandis que ceux de la premiere gardent une raideur et une gravit6 toutes septentrionales. Et le contraste est amusant de l'architecture peinte et des hommes peints. Alors que les monuments s'assouplissent, les h6ros se raidissent; et lorsque les d6cors reviennent aux lignes droites, les corps se penchent et adoucissent leurs postures. C'est que la vie avait pass6 devant les yeux des artistes. Defendente semble ne l'avoir vue que par les yeux de ses contemporains. 11 ne lui manque peut-etre, pour devenir un grand peintre, que d'etre moins timide. Le ul4czrz.age de /a I/z.ergo que l'on volt au mus6e, le Bapfe^me Zzz Cfirz.sf du D6me, d'autres encore disent que Defendente avait bien regard6. Que n'osa-t-il? La premiere de ces deux ceuvres ne serait pas indigne de Pinturrichio. .* ## 36

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