TURIN, HISTOIRE EI ART le temps leurs propres m6faits : San Domenico et la partie post6rieure du Palais Madame. M. Pietro Toesca, l'excellent monographe, nous dit des origines du Palais Madame : « Au XIvme siecle, Turin 6tait encore renferm6e dams son enceinte romaine. A cette 6poque, Guglielmo da Monferrato 6leva en avant des tours de la porte qui regarde vers le P6, une « maison de force » (ou chateau-fort) qui barrait l'antique porte, ouvrant clans le mur, a c6t6, une autre issue. De cette construction est parti le chateau d'auiourd'hui, agrandi et remani6 au commencement du Xvlme siecle par Louis d'Acaia, edifice imposant par ses deux tours d'angles qui imitent, dams leur plan polygonal, Ies tours de l'antique porte romaine '(comparer avec la porte Palatine), pittoresque dams les bouleversements qui en changerent l'aspect, le priverent de ses cr6neaux, le couvrirent d'un toit discordant ». Si le toit `seul 6tait discordant ! Nous retrouverons bient6t le palais: il suffit d'en avoir, pour l'instant, fix6 la filiation et la date premiere. Sam Domenico est rest6e bien modeste au coin de deux rues, sans tapage et sans gloire. Entrez pourtant, et c?est une grace familiere qui vous accueille. Colonnes et piliers, arcs bris6s et aigus, fen6tres 6troites et hautes, bref tout l'appareil de notre nord, apport6 ici dams les bagages des Francs. L'architecture gothique, qui a laiss6 en Pi6mont tant d'ceuvres remarquables, n'a pu conserver a Turin que ces deux-la. Et si nous voulons connaltre un peu l'art m6di6val du Pi6mont, c'est dams le « contadino » qu'il taut nous rendre; nous n'y retrouverons pas touiours le style du nord servilement copi6; d6ia certaines villes et certains chateaux ont des aspects plus toscans que rhenans; Ie climat est le plus fort. De cela, ont peut iuger clans le village m6di6val construit il y a une vingtaine d'ann6es sur les bords du P6, et compris actuellement clans l'enceinte de l'Exposition. La Renaissance, enfin, a laiss6 des traces un peu plus nombreuses, non pas archictecturales, toutefois. La cath6drale, ou D6me, ou San Govianni, est en effet le seul monument du Xvme siecle dont Turin puisse s'enorgeuilIir. Autrefois, il y Cut la, sur la petite place qui s'6tend derriere le palais royal, trois 6glises roma,nes et gothiques. Le cardinal Domenico della Rovere, archeveque de Turin, ne put les tol6rer. Son oncle Sixte IV venait de doter Rome de monuments prestigieux, et son cousin, le futur Jules 11, s'appretait a illustrer pieusement ce nom de Rovere, pieusement, oui, civilement qussi. Domenico voulut se distinguer. 11 fit abattre les trois 6glises. Restait a 6difier une autre a leur place. Turin ne pouvait foumir les artistes n6cessaires a cette entreprise. Ce sera son sort 6ternel, en art, contrairement a sa destin6e politique qui 6tait de travailler pour les autres, ce sera son sort que les autres dussent travailler pour elle. Le cardinal, du moins, n'alla pas, comme les ducs, chercher ses ouvriers au dela des Alpes. 11 s'adressa.a l'Italie. Et ce rut un Toscan, Meo del Caprino, qui vint. 35
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