Livre d'Or Français

E paysage m6me od Turin s'est assise est l'un des plus grandioses que l'on puisse contempler en la fertile ltalie. Et, parmi la multitude des voyageurs qui descendent du Mont-Cenis, il n'en est pas un seul qui, la premiere fois qu'il d6couvre la plaine pi6montaise et la ville, ne sursaute d'6tonnement. Voici, a sa naissance, Ia large campagne que le P6 fertilise, le P6 et ses tributaires, dont la Dora est ici le principal. Au printemps, ces verdures 6tal6es, ces g6n6reuses moissons fr6missantes sou; le vent, toutes fleuries sous le soleil, sont incomparables d'immensit6 f6conde, et, la-bas, la ville scintille de tous ses toits et clochers, cependant que les collines od tr6ne la Superga viennent arreter habilement des regards qui se perdraient trop. C'est ici que les soldats de Rivoli d6couvrirent l'Italie et en garderent le souvenir d'une ivresse que nous 16gitimons par la n6tre. Ce ffit, a travers les siecles, celui de toutes les hordes barbares mises en face des contr6es lumineuses. Ce dtit etre, en presence du Pi6mont, celui des Goths, des Lornbards, des Francs, et celui m6me du petit seigneur saxon descendu avec Othon Ill, de Beroald, le pare d'Humbert-aux-blanches-mains, fondateur de la dynastic savoisienne. Beroald s'6tait fix6 cependant en Savoie, od la pr6voyance imp6riale le cantonnait pour surveiller les Francs. Ses enfants n'y tinrent pas. Ils avaient un iour regard6 par dessus le mur des Alpes, et ils r6vaient de cette terre f6conde. Ils ne purent resister; des 1050, ils s'adioignent une partie du Pi6mont, od ils vont chercher une femme h6ritiere des comtes francs de Turin, et s'implantent. Leur fortune, on la connalt. Elle a eu son apogee hier, a Rome, sur la sO

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